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Je crois qu’il y a comme un « Grouick » dans le moteur

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Je comptais sincèrement, mais très sincèrement croyez moi, ne faire un article que sur la déconne, des histoires drôles, de l’humour fin ou graveleux il y en avait pour tous les goûts… Et voilà que je tombe sur Oink dans l’un des nombreux cartons de nouveautés. Comment vous dire, les réceptions en librairie (et c’est chaque semaine pareille), c’est un peu comme pénétrer une jungle équatoriale (non je n’exagère pas), l’air devient étouffant, votre espace devient confiné, et vous pouvez aussi bien croiser une curiosité monstrueuse qui vous glacera d’effroi que découvrir la pépite absolue.

oink4 A défaut d’un « Coupe-coupe » sous la main, je m’arme de mon fidèle et meilleur ami du libraire, j’ai nommé le « Cutter », et part à l’assaut des cartons fraîchement arrivés avec la rosée. Les sangles me sautent au visage lorsque la lame rompt les liens, ils me cinglent les avants bras, mais vaille que vaille, je continue ma progression. Je déblaie les hordes de bulles d’air plastifiées qui entravent telles des lianes les livres au fond du carton… et voici qu’apparaît l’Eldorado, brillant de mille feux, il émerge de la pénombre qui l’entoure, le voilà: Oink, de John Mueller aux éditions Délirium.

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L’auteur a jugé bon (et il a bien fait) de rajouter une introduction à son livre afin de présenter son intention première lors de l’élaboration de son projet. En effet il fut édité une première fois à 5000 exemplaires aux Etats-Unis, puis au fil des années qui s’écoulèrent, il fut contacté par des lecteurs répartis au 4 coins du globe, chacun souhaitant lui faire part de son retour de lecteur et de son interprétation. Une fois que vous aurez découvert son mot, vous pourrez profiter pleinement de ce récit atypique.

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Oink est curieux de nature, habituellement ce pourrait être considéré comme une bonne chose, mais dans le cas de Oink, c’est plutôt mal vu. Et pourquoi donc me direz vous ? … J’attends… Oink n’est autre que le résultat d’une aberration génétique, un mixe entre porc et humain, et les résultats de cette expérience sont cachés du grand public, ils travaillent dans de grands abattoirs, isolés du monde, reclus derrière des fenêtres murées afin que personne ne découvre leur existence, et leur morphologie leur permet d’effectuer des tâches rébarbatives. En l’occurrence l’horreur est à son comble lorsque le lecteur découvre que la tâche en question est de tuer… des porcs.

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Ce ne sont pas des êtres humains, et bien que dotés d’une légère intelligence et conscience, il n’est toléré qu’ils puissent poser des questions et développer leur part d’humanité (qu’ils n’ont pas bien entendu, du moins pas du point de vue de leurs créateurs). Son mentor, qui savait raisonner Oink, va pourtant briser le tabou, et se dresser pour dire NON, plus jamais il n’obéirait, plus jamais il ne croirait aux mensonges des hommes, son destin est scellé, et son sacrifice sera le déclencheur de l’émancipation de Oink. Cet album peut-être pris de manière très simple comme une histoire rythmée et violente, comme on peut l’apprécier pour sa profondeur et la réflexion que l’auteur souhaitait faire partager.

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Je relève la tête de mon carton, histoire de respirer un coup, et ô surprise, v’là t’y pas qu’une renarde me file entre les pattes. Mais que fait donc un tel animal dans la boutique ? Vous seriez surpris de savoir tout ce que l’on peut croiser dans la librairie, mais compte tenu de la fourberie de La renarde, rien d’étonnant de la trouver là. La renarde, éditions Casterman, de Marine Blandin (Fables nautiques) et Sébastien Christostome font partie des auteurs qui collaborent au projet « Professeur Cyclope« .

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La renarde, qu’est-ce que c’est ? ce sont des « Strips », des mini récits de 6 cases qui se succèdent, on y retrouve notre espiègle animal; un chien de garde aux oreilles tombantes sur ses yeux qui risque fortement de virer chèvre à force de se faire avoir; un cheval de labour dans son enclos qui aspire à la liberté, mais qui reconnait tout de même qu’avoir un toit et un repas assuré chaque jour cela à du bon; une lapine qui dépérit à vue d’oeil, à force de voir sa progéniture finir invariablement dans le ventre de son prédateur; un chasseur… comment dire, ce n’est pas qu’il est malhabile, c’est juste qu’il a à faire à plus intelligent que lui.

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renarde3Laissez vous donc distraire par cet âne psychotique qui ne cesse de braire, par ce loup qui n’en mène pas large, voire même frise la crise cardiaque à chaque approche de La renarde, aurez vous une once de sympathie pour les deux derniers représentants de leur espèce (du moins sur le dos de notre animal), Bud et Terrence, deux puces qui tentent de survivre au jour le jour. Et puis si vous y prenez goût et que vous souhaitez en découvrir plus sur l’univers du Professeur Cyclope, il ne vous reste plus qu’à aller sur internet.

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Bon, après avoir eu comme première idée de chasser l’animal hors les murs, je décide tout de même de la garder au fond du magasin car on s’attache vite à ces petites bestioles et je tâche de me remettre vite fait au travail. Mais apparemment je n’en ai pas fini avec le règne animal…

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Comment ils ont réussi à faire tenir tout ce bestiaire dans un carton, je ne saurai l’expliquer, qui plus est, mais c’est dingue, ils sont armés et ont des gueules patibulaires, on y réfléchirait à deux fois avant de leur chercher des crosses. AAARG! (c’est l’éditeur – mais aussi, peut-être mon dernier râle), Julien Loïs & El Diablo (quel nom machiavélique), viennent de sévir à nouveau avec Rua Viva t1, Noticias. Julien Loïs n’est autre que l’auteur de l’excellent Pas de Panic à Sonic City aux éditions Même pas mal, et El Diablo, c’est à son actif Retropolis, Pizza roadtrip, Monkey Bizness, Un homme de goût… que du bon quoi.

rua1Rua Viva ! un recueil d’histoires courtes des habitants d’une favela, la virée d’une bande de potes qui tentent de squatter une teuf dans un quartier chaud à laquelle ils ne sont pas forcément les bienvenus, attention fumette et alcool ne font toujours bon ménage. Un petit artisan, trop gentil, qui se retrouve coincé entre les caïds locaux et sa femme qui porte la culotte. L’histoire de Coelho, un souffre douleur du quartier qui va trouver LA bonne idée pour ne plus s’en prendre plein la gueule, mais pas sans conséquences pour Escorpiao, la terreur locale… Un album pour ceux qui aiment les histoires rythmées, pour les amateurs d’univers tangents, avec la patte de Julien Loïs, cela donne une sacré ambiance.

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Après toutes ces émotions, je me dis que je mérite bien une petite pause, je me dis qu’essayer de pondre un article pour notre site ne serait pas une mauvaise idée, mais je remarque deux étranges gamins qui traînent au fond du magasin. Je ne les ai pas vu rentrer et leur tête ne m’est pas inconnue, mais où donc ai-je bien pu les voir ?

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Et là, ça fait tilt, ce ne sont pas des clients, mais deux autres personnages qui viennent de sauter hors de leur carton, c’est le retour de deux chenapans, les terreurs qui jaillirent de l’esprit tordu de David Chauvel et de la plume déjantée de mon ami Hervé Boivin: Lili & Winkler.

Ces deux trublions sévirent aux éditions Delcourt et ravagèrent la rédaction avec deux misérables fascicules, mais leur passage à laisser des traces. A n’en pas douter, s’ils ne sont pas membre de la famille Adams, en tout cas ce sont des amis de la famille. Là encore, c’est AAARG ! qui récidive, et quel accroche, Pretty Little Nightmare, for adults & ugly kids only.

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Si vous n’aimez pas le noir & blanc, passez votre chemin ! Si vous appréciez les enfants sages comme une image, fuyez ! Si vous êtes de la protection des animaux, détournez le regard, car à n’en pas douter, le retour de Lili & Winkler n’augure rien de bon pour les âmes prudes et vous ne ressortirez pas indemnes des frasques délurées et violentes du mal incarné que représentent ces deux jumeaux maléfiques qui errent dans les rues. Cachez vos enfants et vos éléphants, craignez les chimpanzés, si vous trouvez que je raconte n’importe quoi, surtout n’ouvrez pas cet ouvrage. Mais si par contre vous souhaitez glisser subrepticement dans la folie, si vous ne croyez plus dans les valeurs de la société actuelle et que vous désirez vous tourner vers le côté obscur, tentez votre chance… et à vos risques et périls.

nobodycouv Je crois que ma fin est proche, comment est-il possible qu’un paisible travail de libraire me fasse basculer dans la folie, tel Cisif, à peine ai-je l’espérance de croire que je vais me sortir de cet amoncellement de cartons qui traînent un peu partout dans la librairie, qu’un transporteur, le sourire au lèvres, me déverse une nouvelle vague d’ouvrages, et là je bascule: bienvenue En Enfer avec Dante, mais pas sans un passage au préalable dans le cimetière où réside Nobody Owens.

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Derrière les grilles du cimetière, lieu mythique empli de mystère et de superstitions, vit un jeune garçon. Comment est-il arrivé là ? De sa plume, Neil Gaiman nous raconte sous les traits de P. Craig Russel, L’étrange vie de Nobody Owens aux éditions Delcourt.

L’un des maîtres du récit fantastique et onirique sévit une nouvelle fois. Nobody, jeune survivant du dernier massacre perpétré par Le Jack. Sa famille décimée, Nobody, alors qu’un bébé, s’est glissé hors de son lit clos, et est parti flâner en dehors de la maison. C’est fout ce qu’un enfant de cet âge est capable de se carapater loin du regard des adultes m^me si ce n’est qu’à quatre pattes, et c’est dans le cimetière voisin qu’il vient sans le savoir de trouver refuge.

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Nobody va être recueilli par les résidents fantomatiques du cimetière, un lieu qui, aux yeux des mortels, semble être l’endroit idéal pour son dernier repos, n’est autre qu’un lieu plein de non-vie fantômes, sorcières, goules et autres créatures bizarres. Après avoir étés suppliés par sa défunte mère et un grand conciliabule, un couple de fantômes va accueillir dans son giron Nobody Owens, et lui trouver également un tuteur en la personne de Silas le vampire, seule autre créature tolérée parmi les spectres en plus du jeune garçon. Plusieurs récits se succèdent, dévoilant les aventures fantastiques qui sont le quotidien du garçon. Neil Gaiman est un génie, encore une fois il sait nous enchanter avec un univers étendu, et P. Craig Russel qui travailla déjà avec lui pour Sandman ou bien Coraline, dévoile encore ses talents pour l’adaptation en bande dessinée du roman originel.

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Et donc, après m’être retrouvé dans un cimetière, me voilà basculé directement en enfer avec cette adaptation en bande dessinée de L’enfer de Dante Alighieri par Michael Meier aux éditions Casterman.

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Là on touche le fond si je puis dire, cette version complètement barrée de cette oeuvre culte permettra à beaucoup de la découvrir. C’est drôle et décalé tout en respectant l’oeuvre et l’esprit originel. Sachez qu’à l’époque L’enfer était le roman le plus lu (et le plus controversé) juste derrière la Bible. Ici, l’auteur jongle avec des références modernes histoire de dynamiser son récit et donné des références à un lectorat du XIXe siècle (et oui déjà). Dante se voit octroyé un guide de choix en la « personne » de Virgile, mais sous la forme d’un chacal, et il va parcourir les 9 cercles des enfers et tenter d’y survivre. Y survivre ? Mais si on est aux enfers, est-on encore vivant, seul le maître des lieux serait susceptible d’y répondre.

Et puis voilà que j’ouvre les yeux, me serais-je assoupi sur mon lieu de travail ? Non c’est pas possible, cela doit être le surménage, ou bien à force de lire des histoires aussi déjantées, merci aux auteurs, il semblerait que je perds pied avec la réalité. La suite aux prochaines aventures.

Séverine Gauthier a l’art de nous enchanter

hommecouvSéverine Gauthier ? vous ne la connaissez pas encore ? Et pourtant…

Cette scénariste officie notamment dans la collection jeunesse des éditions Delcourt, et c’est à l’occasion de la sortie de 2 nouveaux albums que j’ai décidé de vous représenter certains de ses titres.

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Une première nouveauté, L’homme montagne, qui nous donne une nouvelle fois l’occasion d’apprécier le travail au dessin d’Amélie Fléchais (Chemin perdu, Le petit loup rouge). C’est l’histoire d’un enfant qui vit au côté de son grand-père, son aïeul l’a initié à la curiosité de la vie, au goût de la découverte et du voyage, mais voilà que le poids de l’âge se fait sentir, et pour grand-père, il semblerait que l’ultime voyage soit pour bientôt. C’est un périple qu’il compte faire seul, car cette fois il ne reviendra pas, il lui faut donc expliquer à son petit fils cette séparation, mais celui-ci est bien décidé à l’accompagner. Ce n’est pas une famille ordinaire puisque ce sont des hommes montagnes, et c’est le poids de celles-ci, qui pèsent sur le dos de grand-père, il a du mal à se déplacer et il pressent que cet ultime voyage sera pénible pour lui.

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L’enfant a une idée ! Pourquoi ne pas faire appel au vent ? Un vent capable de soulever des montagnes !! Ce n’est pas n’importe lequel des vents qui est en mesure d’accomplir un tel exploit, seul le plus puissant pourrait les aider, mais voilà, il réside sur la plus haute des montagnes, bien loin de chez eux. Il faut donc parcourir un long voyage pour pouvoir lui demander de l’aide, et le petit garçon devra faire ce voyage seul, son grand-père ne pouvant se déplacer.

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En chemin, il rencontrera: un arbre, qui lui parlera de l’importance d’avoir des racines; des cailloux, qui profitent de la joie de se laisser rouler jusqu’au bas de la pente, des bouquetins aux pieds sûrs qui le guideront dans son ascension… Autant de rencontrent qui l’aideront dans sa progression à la rencontre du plus puissant des vents. Un voyage initiatique qui réserve des surprises et qui tisse des liens, un très beau conte !

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Haïda, l’immortelle baleine, au dessin cette fois, c’est Yann Dégruel qui s’y colle.

Nous nous rapprochons du style du conte ethnique, inspiré de la culture amérindienne, le mélange de l’histoire des esprits animaliers qui donnèrent naissance au monde des hommes.

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Nizhoni & Taan sont 2 enfants d’Haïda  Gwaii, le monde qui repose sur le dos de Kùn l’immortelle baleine, c’est grâce à grand-père Ts’ang que les enfants connaissent l’histoire de Kùn, le vieil homme est détenteur des histoires des esprits totems de leur culture. Grand-père enchaîne les récits et incite même les enfants à lui dénicher des récits qu’il ne connaîtrait pas.

Mais que se passe t’il ? Les chasseurs ne peuvent partir car la mer est trop haute, et c’est le même phénomène qui sépara autrefois les villages de leurs ancêtres, va t’il se reproduire la même chose, le village est-l en danger ?

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Taan vaque à ses occupations et ses pas le mènent au bord de l’eau, et là, il va rencontrer une femme peu ordinaire, étrangère au village, elle semble prostrée sur la plage et fuit les vagues qui montent jusqu’à elle, murée dans le silence. Taan va chercher Nizhoni et tous deux retournent sur place, ils retrouvent la femme mystérieuse (qui n’a rien à voir avec notre librairie) à la même place, et pour eux, la suite des événements va  les entraîner dans une bien curieuse aventure.

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4 autres titres au catalogue de Delcourt pour Séverine Gauthier, deux collaborations, l’une avec Jérémie Almanza qui dessinait Aristide broie du noir et Coeur de pierre.

Aristide broie du noir, où comment dédramatiser la peur du noir chez l’enfant. Aristide, petit garçon, très intelligent (trop ?) à tel point que même la maîtresse est obligée de le laisser travailler tout seul dans son coin. Mais Aristide a peur du noir, il passe ses nuits a tromper sa mère par tous les subterfuges possibles pour ne pas se retrouver dans les ténèbres qui recèlent tant de mystères qui le font trembler de peur…

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Coeur de pierre, un petit garçon (encore) naît au mois de Décembre, dans une maison austère, au grand malheur de ses parents, les médecins leur annonce que son coeur ne bât pas car il a un coeur de pierre. Il n’éprouvera donc aucun sentiment, n’éprouvera ni joie ni peine et vivra dans une morosité permanente et ne saura partager avec quiconque d’émotions.

Au même instant, très précisément, naît également une petite fille qui elle, sourit à la vie, à son entourage, les battements de son coeur sont un enchantement: elle a un coeur d’artichaut. Chacun grandit de son côté jusqu’au moment où ils viennent à se croiser…

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Garance: Léopold, comme chaque été part avec ses parents en vacances à la mer, et comme chaque année, c’est pour lui l’occasion de retrouver Garance, son amie avec qui il passe tout son temps à s’amuser et profiter de la vie.

Cette année, Garance a décidé de partager son secret avec Léopold, son père ne serait autre que l’homme qui depuis le large de la côte produirait les vagues, et ils partent tous deux en barque à sa rencontre…

monarbrecouvMon arbre: Laurine est une jeune fille qui a grandi à la campagne, elle passe le plus clair de son temps en compagnie d’un arbre auprès duquel elle apprend à observer le monde, comprendre comment la vie fonctionne et se renouvelle, les joies simples du temps qui passe et d’apprécier chaque moment. Lorsqu’un jour elle arrive voir son ami, elle découvre que celui-ci a une croix peinte en rouge sur son écorce que des hommes lui ont peinte la veille…

Les scénarios de Séverine Gauthier ont ce petit truc en plus qui enchante aussi bien les enfants que leurs parents, qui sont fiers d’avoir l’impression de transmettre eux aussi de belles valeurs et de beaux sentiments à leurs bouts de choux. Vous aussi laissez vous séduire par ses belles histoires et peut-être arriverez vous à les lires avec la naïveté enfantine qui parfois quitte le coeur des hommes lorsqu’ils grandissent. FIN.

 

 

Bande Dessinée de reportage et conviction politique

 

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Vouloir profiter d’un média comme la Bande Dessinée pour présenter un récit politique, historique ou social peut être un choix judicieux pour capter l’attention du lecteur ou bien lui donner l’opportunité de découvrir ou bien d’approfondir certains sujets. En même temps que sort au cinéma « L’enquête », l’adaptation de L’affaire des affaires, la Bande Dessinée de Denis Robert et Laurent Astier, concernant l’affaire ClearStream, la maison d’éditions Dargaud en profite pour sortir une version intégrale regroupant les 4 tomes de ce récit reportage qui aura bien chamboulé la vie du reporter Denis Robert qui aura consacré beaucoup de temps et de sueur à ce projet; je me souviens notamment du soutien que lui apporta Charlie Hebdo à l’époque de ses premières révélations alors que le milieu journalistique avait plutôt tendance à le lâcher de toutes parts.

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Nous sommes en Octobre 1965 à New-York, comme encore maintenant, par manque d’évolution des mentalités, il se trouve que les géants de Pampelune devaient défiler dans les rues de la ville, mais compte tenu de la discrimination raciale, les 2 géants noirs sont interdits de défilé. Manex, l’un des porteurs, basque est révolté du manque de solidarité des autres artistes, il décide de flâner un peu et ses pas vont le mener jusqu’à Harlem et jusqu’à l’Apollo Theater pour le concert de James Brown; James brown ladies & gentlemen !!!!!! Il va faire quelques rencontres intéressantes, des personnes engagées politiquement et autres qui vont l’amener vers une nouvelle vie.

black3black4Par amour et par conviction, il va voyager de par le monde et se retrouver dans les différents réseaux de résistance, de combats d’indépendance, croiser Castro et Le Che à Cuba, participer au festival de Monterey et connaître le mouvement Hippie, écouter Jimi Hendrix, partir pour l’Algérie…

L’idée est entre autre de dévoiler comment les réseaux se sont mis en place et pouvaient être reliés entre eux. Ce n’est pas dans l’album, mais déjà les membres de l’I.R.A. ou de la United Red Army japonaise et tant d’autres, allaient se former au Moyen-Orient. On suit un parcours riche en expériences on revit l’Histoire et un grand nombre de sujets évoqués dans cet album parlera d’une façon ou d’une autre à n’importe quel lecteur. Un projet qui m’a beaucoup parlé et que je vous recommande chaudement.

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Vaincus mais vivants, Chili 1973, de Loïc Locatelli & Maximilien Le Roy aux éditions Le Lombard. Pourquoi je fais le choix d’une telle chronique, en dehors de mettre en avant des ouvrages qui m’ont plu, pour différentes raisons, c’est aussi pour le travail de mémoire mais également pour celles et ceux qui n’ont pas connu ou vécu ces époques. Salvador Allende, président socialiste, qui a accédé au pouvoir démocratiquement, fut évincé par le général Pinochet, il refusa que ceux qui le soutenait se sacrifient face aux forces militaires, il fut un exemple et une épine dans le pied de bien des gouvernements et il y eut beaucoup de suspicions concernant une ingérence de la C.I.A. concernant son renversement.

vaincus2Vaincus mais vivants, c’est avant tout l’histoire de Carmen Castillo, de ses compagnons et de ses rencontres, Miguel Enriquez, Régis Debray… comment elle s’est retrouvée exilée et l’on ne peut imaginer l’émotion qui a dû la gagner lorsqu’elle a enfin pu remettre les pieds dans son pays. Plus que de la Bande Dessinée de reportage, c’est un travail de mémoire que les auteurs nous offrent là, et non seulement cette histoire est à lire, mais elle est à partager.

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De 1962 à 1987, des bancs de la faculté au retour sur le lieu de l’assassinat de son compagnon, nous suivons Carmen, alors étudiante elle écoute et admire Beatriz Allende (la fille de Salvador), elle partage au cours des soirées estudiantines les idées « révolutionnaires » ou plutôt militantes pour un désir de démocratie, mais si ses amis envisagent la révolution, ils se retrouvent confrontés au désir de Salvador Allende d’accéder au pouvoir par les urnes et non par la force. S’en suivra le combat et la résistance dans l’anonymat, les déménagement incessants, les arrestations ainsi que la torture. Carmen sera exilée, Pinochet n’ayant pas d’autre choix vu la pression internationale et le soutien qu’elle obtiendra, elle se réfugiera en France jusqu’à son retour des années plus tard sur les lieux du drame.

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Frida Kahlo, Pourquoi voudrais-je des pieds puisque j’ai des ailes pour voler? collection Mirages aux éditions Delcourt. Jean-Luc Cornette & Flore Balthazar vont nous dépeindre (bien sûr puisque elle s’agit d’une artiste) une partie de la vie de Frida Kahlo, il eu été trop simple de revenir une nouvelle fois sur son parcours artistique, et je ne l’aurais pas joints à cette chronique.

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En dehors de sa carrière de peintre, nous allons nous concentrer sur une période singulière de sa vie, lorsqu’elle côtoya Léon Trotski, forcé à l’exil, c’est au Mexique, seul pays à avoir accepté de le recueillir, qu’il arriva afin d’y rester 4 années avant d’être assassiné.

C’est une histoire à 3 voix, Frida, son époux Diego Rivera et Léon Trotski, une histoire passionnelle, un engagement politique, une approche artistique. Une nouvelle fois on découvre que l’Amérique du Sud a été un endroit propice à la défense d’idées révolutionnaires et socialistes, que bon nombre d’intellectuels se sont rendus là-bas et ont échangé pas mal d’idées.

100couv Delphine Le Lay & Alexis Horellou, les auteurs de Plogoff (un village de Bretagne face au nucléaire, chronique d’une résistance populaire) sont de retour avec un nouveau récit engagé, en compagnie de Marion Boé: 100 maisons, La cité des Abeilles; toujours aux éditions Delcourt.

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Cette histoire a débuté en 1950 à Quimper, eh oui nous restons chez les Bretons, la guerre a fini il y a peu d’années, le pays se reconstruit petit à petit mais la situation n’est pas rose pour tout le monde: crise sociale, crise du logement… la vie suis son cours péniblement.

Mais voilà ! Victor rentre chez lui tout guilleret, il bondit partout et sa femme a bien du mal à le calmer afin de savoir de quoi il en retourne. Un projet émergeant aurait pour but de lancer la construction d’une nouvelle cité permettant à moindre frais, mais avec la contrepartie de la participation de chacun aux travaux, de terrassement, de monter les murs… enfin tout quoi.

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Mais ce n’est pas tout, ce n’est pas seulement l’opportunité d’avoir sa maison et puis basta, l’idée est d’aller plus loin et de rapprocher chacun, un élan de solidarité à grande échelle et qui perdurerait dans le temps pour la vie de chacun. Une bien belle idée qui ne se fera pas en 1 jour et qui ne sera pas sans quelques petits désagréments. Mais ce projet est bien réel et a fêté ses 60 fin 2014.

choixcouv Et je termine (enfin) avec ce dernier titre: Le choix, de Désirée & Alain Frappier, aux éditions La ville brûle, en partenariat avec Le planning familial.

Les deux auteurs avaient déjà réalisé un album remarquable, Dans l’ombre de Charonne, un témoignage bouleversant sur les événements lors des manifestations de Paris, en pleine guerre d’Algérie, d’une femme qui s’était retrouvée bloquée sous les corps devant l’entrée du métro Charonne, et qui s’était vu dénigrée, compte tenu de la position des médias et du gouvernement qui, à l’époque, niaient la réalité des victimes.

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Compte tenu de ce qui c’est passé il n’y pas si longtemps en Espagne, au Maroc, ou encore la position de certains hommes politiques, il est de bon ton de revenir sur le droit à l’avortement. Il est certaines lois, ou certains combats qui datent depuis si longtemps qu’un grand nombre ignore ce qu’il en à été et ce qu’il en à coûté d’obtenir des droits ou une reconnaissance de certains problèmes. « Oui mais, bon ce ne sont que des femmes, et puis elles l’ont bien cherchées, ou elle était consentante… » Le nombre d’inepties qui ont pu être dites. La « loi Veil » a changé la destinée d’un grand nombre de femmes.

choix2  Cet ouvrage va au travers du parcours d’une jeune femme revenir sur l’histoire de cette avancée humaine et sociale, aborder le parcours personnel, le débat national, les discussions en petit ou grand comité. Il met en avant diverses personnalités à travers ces dernières années, montre les arguments qu’il a fallu donner pour convaincre du bien fondé de ce droit.

Les auteurs vont souvent à la rencontre du public et sont désireux d’alimenter le débat, n’hésitez pas à aller sur ler site pour en découvrir un peu plus et voir si vous avez l’opportunité de les croiser: http://dafrappier.weebly.com/.

Voilà plein de nouvelles idées, à vous de voir et bonne lecture.

 

Duel au soleil pour Xavier Dorison

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Xavier Dorison est LE scénariste de Janvier. Avec 2 gros lancements de séries : Undertaker et Ulysse 1781. Alors le papa de Long John Silver, Sentinelles, Sanctuaire ou encore Le complexe du Chimpanzé (et j’en oublie plein d’autres) revient en force en 2015.

Je commence avec mon chouchou :

undertaker2Undertaker (Dargaud) : Xavier Dorison fait a nouveau équipe avec l’excellent Ralph Meyer qui est au top de sa forme. Après nous avoir embarqué dans un récit viking avec Asgard que je vous recommande, le duo nous emmène cette fois sous le soleil du désert américain. Ambiance western spaghetti garantie… Donc tout commence quand Jonas Crow, notre croque mort (undertaker), se fait appeler par l’un des plus grands chercheurs d’or qui a un contrat à lui proposer. Mais un contrat bien spécial… L’homme en question va lui demander de conduire la dépouille de son corps dans un lieu qui devra rester secret de tous,dès le lendemain et seule la fille de ce dernier saura où se trouve le fameux lieu. Comme notre héros n’est pas un homme de parole mais d’action, il va accepter le contrat contre un forte somme que lui remettra la fille de son commanditaire une fois le travail accompli. Une fois le contrat signé le chercheur d’or s’offre un dernier festin princier et ingurgite  toutes ses pépites d’or avant de se donner la mort. C’est à ce moment que commence vraiment l’aventure…

0OM0TITiKTJq9vuwUg5cJ2ztqG5PVGqL-page6-1200Xavier Dorison signe là un scénario très classique qui puise toute sa force et son originalité dans la construction de son personnage principal, mais aussi dans les seconds rôles qui sont très bien écrits, à l’exemple du personnage de la gouvernante chinoise un personnage haut en couleurs. Côté dessin Ralph Meyer, reste le meilleur argument de cet album. La qualité de ses 56 pages justifie à elle seule le fait que cet album doit trouver sa place dans toutes les bonnes bibliothèques de BD. Digne héritier de Jean Giraud (Blueberry) Ralph Meyer impose son style tout en marchant dans les pas des grands de la BD. Donc ne soyez pas étonnés de trouver ce récit classique, non on ne révolutionne rien avec Undertaker on nous rappelle  juste ce qui fait la marque des grandes BD. Espérons que notre croque-mort ait encore de long jours devant lui…

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Je vous parlais de duel au soleil et pour avoir un duel il faut être 2 et la deuxième série de Xavier Dorison c’est :

UlyssecouvUlysse 1781 (Decourt) : Nous sommes toujours sur le territoire américain, mais période guerre d’indépendance. Ulysse McHendricks vient d’ailleurs de sortir victorieux de cette guerre et alors qu’il fête dignement sa victoire avec ces soldats, son fils débarque venant lui dire que le village et la femme qu’il a laissé pour partir à la guerre ont besoin de lui puisqu’ils sont tombés entre les mains d’un ignoble anglais (ce ne serait pas un pléonasme ça ? le grand libraire) . Alors que notre héros vient de finir une guerre et qu’il se voit mal reprendre une vie normale, la venue de son fils va précipiter les choses et avec ses anciens compagnons ils vont prendre la route de la maison. Mais  tout comme son homonyme grec, Ulysse aura du mal à retrouver sa route et son parcours sera semé d’embûches, dans l’ouest sauvage où mystère et chamanisme vont faire perdre le nord à notre héros et ses équipiés.

Pour cet album Xavier Dorison confit son récit au crayon de Eric Hérenguel. Le dessin nous plonge directement dans un univers très riche et dense. On pardonne même une certaine rapidité au dessinateur ou certains traits de travers tant on prend du plaisir. Le duo signe un très bon début de diptyque, qui fera plaisir aux amateurs de BD simple et efficace. Vous ne vous prendrez pas la claque de votre vie mais un bon moment de lecture c’est sûr.

Le plus gros défaut que peuvent avoir ces deux séries  est certainement la sur-médiatisation qui a été faite autour de leur sortie, à tellement vous dire que c’est génial que vous serez déçus du résultat. Donc n’en attendez pas trop mais laissez vous séduire par ces bonnes BD.

Et puisque j’ai commencé en parlant d’un duel, il faut forcement un gagnant. Donc si Jonas Crow devait rencontrer Ulysse et bien je miserais sur Jonas Crow notre Undertaker pour son coté gâchette facile et mystérieux face à un Ulysse qui mise tout sur sa force brute.

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C’est article aurait pu se terminer là mais 2015 est vraiment l’année Dorison puisqu’il vient de sortir la suite que l’on attendait plus :

Syndrome1Le Syndrome d’Abel (Glénat) : Certaines personnes dont je fait partie avaient découvert le premier tome en 2008, puis depuis on nous a annoncé à plusieurs reprises son retour à chaque fois reporté jusqu’à ce début 2015 ou le tome 2 et 3 sont sortis en même temps (ne me demandez pas pourquoi, je ne comprends pas). Maintenant que ces petit détails éditoriaux sont réglés nous pouvons nous plonger dans ce récit complet en 3 volumes.

L’histoire est assez simple un homme qui avait plutôt bien réussi dans la vie va tout perdre lorsque sa fille va tomber malade,en l’espace de très peu de temps il va perdre sa fille, sa femme qui ne veut plus vivre avec lui et se retrouve avec une dialyse sur le dos. Et cerise sur le gâteau il va être victime d’un accident de voiture. Et c’est à ce moment que l’intrigue commence puisque notre personnage ce réveil 7 ans plus tard sans savoir ce qui lui est arrivé et lorsqu’il va chercher à reprendre contact avec des gens, ses anciens amis vont le fuir sans même être étonnés qu’il ne soit pas mort…

Si vous aimez le récit d’ambiance, vous ne serez pas déçus, tout comme dans le Protocole Pélican ou Génétiks, Marazano sait mener l’intrigue et cette fois c’est lui au crayon. dans le premier tome il nous livre un coup de crayon plein de fougue et d’énergie, puis dans le tome 2 et 3 il se rapproche plus du style de son complice de toujours Ponzio (complexe chimpanzé, Protocole Pélican…)

Si vous voulez en savoir un peu plus, attention au « spoilers » qui vont suivre. comme je vous le disais, tout est dans l’ambiance et les découvertes que l’on va faire petit à petit. Mais si vous aimez les histoire des hommes démesurément riches, qui paient des scientifiques pour mener des expérience sur l’au-delà vous allez être servis. Car si je vous disais que le sacrifice d’un homme pourrait nous permettre de savoir ce qui il y a après la mort, seriez vous prêts à sacrifier une vie, voire sacrifier la votre …

Bref si vous avez déjà aimé les autres albums de Marazano, pas de soucis foncez.

Fins de séries

bluecouvBonjour amis lecteurs, il est parfois bon de se dire qu’une série se termine, même si l’on peut avoir un pincement au cœur de dire au revoir à des personnages auxquels on s’est attaché, mais fort heureusement on peut toujours relire leurs aventures et apprécier une nouvelle fois l’invitation au voyage. Certaines séries paraissent trop courtes ou trop longues, on a un goût de trop peu lorsque l’on a pu les dévorer rapidement ou bien certaines séries ont commencé il y a tellement de temps que l’on y croyait plus ou bien que l’on a oublié que le dernier tome pourrait paraître un jour, parfois c’est aussi à force de changement d’éditeurs.

bluecouv1La tuerie absolue, (est-ce que j’exagère ?), ce fut Blue Note de Mariolle & Bourgouin aux éditions Dargaud, un premier tome paru en septembre 2013 et le deuxième, et fin de l’histoire en ce début octobre 2014, deux albums, deux histoires individuelles mais qui se déroulent en même temps au même endroit, deux personnages qui vont se croiser ou avoir à faire aux même interlocuteurs, l’un est boxeur, l’autre bluesman, tous deux ont vu leurs pas les conduire vers New York à 30 jours de la fin de la prohibition, une période propice à de multiples changements et affaires louches.

Jack Doyle, issu des bas quartiers de la ville, il a su se hisser aux sommets dans le milieu de la boxe, adulé par la foule et surtout les gens simples qui voyait en lui un héros de leurs quartiers, il a pourtant fait une croix sur la gloire en réalisant combien ce milieu pouvait être pourri. Il vit dorénavant de combats clandestins, touchant un maigre cachet qui lui permet de vivre au jour le jour, c’est alors que resurgit de son passé Egan, celui qui se faisait du beurre sur son dos et ses combats, un homme fourbe mais malin qui sait comment piquer au vif ses interlocuteurs. Si Jack a gagné son dernier combat avant de tout quitter, il sait que le match était truqué, et voici que son vieil « ami » lui propose de le rejouer mais sans magouille cette fois.

blue1Ray Jameson, lui, vient du sud des Etats-Unis, de ces provinces où les noirs sont considérés comme des moins que rien, il est guitariste et passe ses nuits dans les bouges insalubres où l’on joue toute la nuit, sa chance, s’il souhaite la saisir, c’est dans les grandes villes qu’il devra la tenter. Il débarque à New-York, la guitare à la main avec pour seule possession son costume miteux et le dernier conseil qu’un vieil homme lui a confier avant de partir: trouver le Dante’s Lodge, le plus beau club « à c’qu’on dit ». Alors que l’indifférence des citadins le laisse perdu au milieu de la cohue, c’est en suivant un chat errant que ses pas le mèneront devant le fameux club. Il est talentueux, ça oui, et il arrive à séduire, après une épreuve d’entrée, le patron qui accepte de lui donner sa chance.

blue2Ray sait y faire pour mettre le public en transe et va rapidement susciter des jalousies, mais tout le talent d’interprétation n’est rien si l’on a pas la créativité et l’originalité qui permet d’atteindre les sommets de la gloire et la consécration. Seul le dépassement de lui même lui permettrait de pouvoir enregistrer un jour ses propres morceaux et ainsi partager sa musique avec le plus grand nombre et rentrer dans la légende.

blue3Comme vous pouvez le constater avec cette mise en place, c’est une magnifique histoire que les auteurs ont écrit là, et que dire de la mise en image qui est à couper le souffle, y compris aux lecteurs les plus exigeants, rien à dire si ce n’est une apothéose que cette histoire en tomes qui vient de rentrer dans la catégorie des plus grands titres de l’histoire de la BD, et je n’exagère pas, croyez moi.

orcouvL’or et le sang t4- Khalil, de Bedouel, Merwan, Defrance et Nury, voici un récit qui se sera fait attendre mais la faute n’est pas à imputer aux auteurs, la série à débuté aux éditions 12Bis et prend fin chez Glénat qui aura repris une grande partie du catalogue.

or1C’est une belle histoire d’amitié qui commença dans les tranchées au cours de la première guerre mondiale autour d’un hérisson… d’un hérisson ? Oui mais alcoolique de surcroit ! Voilà comment s’attacher un petit animal en lui créant une dépendance éthylique, mais qui s’avère être le meilleur système de prévention contre les attaques au gaz moutarde des allemands lorsque l’on est coincé dans les tranchées. Léon Matilo est d’origine Corse, issu du milieu populaire, il a l’art de la débrouille et de la survie dans la peau, le lieutenant Calixte Frampéand, lui, vient d’une famille aisée, bien Française et propriétaire d’une entreprise à qui la guerre a bien profiter.

Les horreurs de la guerre ont souder cette amitié, et le retour à la vie civile réserve son lot de désillusions et ne permet pas toujours de se réintégrer dans un mode de vie, qui vous le découvrez, ne vous correspond pas. C’est alors que votre ancien compagnon d’arme resurgit avec des idées bien tentatrices, d’aventure et de risque qui vous redonne le goût de vivre. Léon rejoint Calixte et lui propose de marcher des les traces d’un ancien pirate qui écumait la Méditerranée et qui enchanta son imagination d’enfant, nous sommes à la sortie de la première guerre mondiale, il y a un tas d’armes en circulation et les Berbères du Rif sont en pleines insurrection, il y aurait un bon coup à jouer en leur fournissant les moyens de se débarrasser de l’occupant espagnol.

or&sangL’or et le sang, un récit d’aventure comme rarement on a l’habitude d’en lire ces dernières années, le talent incontesté de Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, Silas Corey, W.E.S.T. …) a mettre en place ses histoires dans des contextes historiques, associé aux talents graphiques de Merwan & Bedouel et leur ambiance si particulière. Un récit en 4 tomes qui rentre également dans les grands incontournables de la bibliothèque idéale.

altercouvEh oui, celle là aussi se termine, le 11ème volume de Alter Ego est sorti, le premier cycle se composait de 6 tomes à prendre dans n’importe quel ordre puis un 7ème volume donnait une première conclusion, le second cycle reprenait le même procédé sur 3 tomes et Verdict conclue définitivement le récit.

alter2Un phénomène mondial vu par 6 protagonistes, touchés chacun de différente manière à chaque fois et qui permettait une vue d’ensemble de l’affaire et ce quelque soit leur implication. Une histoire qui touchait d’une part un côté scientifique, de l’autre un polar politique et qui rendait pour le tout une hypothèse anticipative de l’évolution sociétale, la saison 2 étant une projection des répercutions des révélations de Ultimatum qui concluait la saison 1.

Darius, Camille, Jonas, Noah, Fouad, Park, Delia, Teehu & Gail, ils sont le fruit de la collaboration des auteurs suivants: Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynès, Bénéteau, Efa & Elias, une fine équipe qui a vu leur projet paraître aux éditions Dupuis, un concept original d’approche de l’œuvre, en effet lorsque vous tenez l’un des 6 premiers tomes entre les mains et que vous regardez la 4ème de couverture, on vous le présentait comme étant le premier de la série, même récidive avec les 3 tomes du deuxième cycle.

alter1Alors que jusqu’à présent la science restait impuissante face au SIDA, voilà qu’une personne ayant des moyens financiers quais illimités a jouer les mécènes, du coup, les médecins ont pu développer de nouvelles recherches: s’ils ne peuvent soigner les malades actuels, ils ont tout de même trouver un vaccin qui fait que plus personne ne tomberait malade. Mais le plus important, en tout cas aux yeux des puissants de ce monde, ils ont découverts une nouvelle de taille: il existerait un lien qui unirait des personnes à travers le monde et l’état de santé des uns influencerait celui des autres. On propose aux personnes riches, aux chefs d’états, à toute personne ayant des moyens et quelque chose à protéger ou à perdre d’investir dans une organisation qui protégerait leurs intérêts et ce, aux détriments d’autres personnes à travers le monde.

Une série originale et sympathique avec un graphisme qui arrive à se distinguer des séries actuelles.

voleurscouv Très, très attendu, le second tomes des aventures des Voleurs de Carthage de Appollo & Tanquerelle, La nuit de Baal-Moloch aux éditions Dargaud est sorti également. Deux aventuriers, un Carthaginois et un Gaulois tentent de faire main basse sur les trésors de la ville, alors que Rome et ses armées, menées par Scipion, approchent pour réduire à néant sa plus redoutable ennemie. Hervé Tanquerelle nous étonne une nouvelle fois avec son dessin, les images sont intenses, on est captivé par les scènes de sacrifice, les mouvements de foule et la razzia que les soldats romains font sur la ville. On a un pincement au cœur a quitter nos deux compères et leurs compagnons d’infortune, sincèrement j’aurai bien voulu avoir l’opportunité d’attendre encore une année supplémentaire afin de me plonger une nouvelle fois dans ce récit donc pour ma peine je sais déjà que je les relirai, Appollo étant un scénariste que j’affectionne particulièrement (L’île bourbon 1730, Biotope, Commando colonial…).

voleurs2Nous avons également sur le podium, La fin de l’histoire de Bourgeon, Le cycle de Cyann t6, Les aubes douces d’Aldalarann et cette fois c’est chez Delcourt.

Chez le même éditeur, une série qui prend fin dix ans après son lancement: Le régulateur t6, NYX, de Corbeyran & the Moreno family.

Et la semaine prochaine, vous êtes très nombreux à l’attendre: Magasin Général t9, le dernier tome!!!!!!!!!!!!!!!!

magcouv

 

 

 

 

Z’ai cru voir un Romero

empire couvDepuis la série télé Walking Dead adaptée du comics de Robert Kirkman, l’engouement pour nos amis les morts vivants ne cesse de croitre, on en mange à toutes les sauces et côté cuisson la prédilection se porte plutôt vers le saignant. Du coup les auteurs sont nombreux à vouloir profiter du vent en poupe du genre, et il y en a pour tous les goûts et de plus ou moins bonne qualité, seulement voilà que l’un des maîtres du genre pointe son nez et donne une leçon à tout le monde: George A. Romero, le réalisateur de La nuit des morts vivants (1968) vient de produire en collaboration avec Alex Maleev une histoire inédite pour son bestiaire: Empire of the dead, l’édition française est publiée par Panini Comics.

empire1Alex Maleev a souvent travaillé avec Brian Michael Bendis, notamment sur Daredevil, et son trait se prête très bien pour les histoires urbaines et les ambiances sombres, pour cette histoire tout va se dérouler à New-York, on y coupera pas, pour leur scénario « catastrophe », les auteurs américains aiment bien être le centre du monde ou bien y jouer les sauveurs, mais bon…

Nous plongeons directement dans l’action, New-York est sans dessus dessous, certaines zones sont protégées, d’autres infestées de morts vivants, la nourriture se fait rare, mais les habitants arrivent tout de même a trouver des mets de substitution. Comme on est pas là pour se morfondre, ils ont également trouvé le moyen de se distraire et comme dans la Rome Antique, quoi de mieux que des combats en arène pour captiver la foule, et ainsi organiser également des paris.

empire4C’est dans ce contexte que nous découvrons Penny Jones, une scientifique de l’université de Columbia qui arrive afin d’étudier les zombies et, peut-être, découvrir que certains d’entre-eux sont encore suffisamment doués d’intelligence pour permettre une cohabitation, et accessoirement améliorer la qualité des jeux du cirque, car pour obtenir ce privilège il a fallu faire des concessions pour que les maîtres de la ville tolère son expérience. Elle rencontre le meilleur fournisseur de l’arène qui sillonne les rues de la ville, encadré par une équipe du SWAT chargée de sa sécurité, aimablement fournis par le maire. L’un des membres de son équipe, une femme, a disparue il y a quelques temps avant de revenir sous son apparence « zombièsque », et faisant preuve des qualités que Penny Jones recherche, le choix se porte donc sur elle.

empire3Regardez avec attention le cou de notre zombie sur la couverture, vous ne remarquez rien ? un petit détail, ou plutôt deux auréolés de blanc ? Une morsure de vampire ! Eh oui, il y a du vampire là-dessous, et en règle générale, ils font partie des espèces dominantes, et vicelardes par la même occasion. Je ne vous dévoilerai pas la place qu’ils occupent dans notre histoire, à vous de le découvrir si vous franchissez le pas, mais si vous y laissez un orteil, un pied, une jambe ou un bras dans l’histoire, je n’y suis pour rien, la consolation c’est que ce ne sera pas perdu pour tout le monde: bon appétit.

Et en parlant vampire, le tome 6 d’American Vampire, Une virée en enfer, de Scott Snyder & Rafael Albuquerque vient de paraître aux éditions Urban Comics, un récit peut-être un peu court aux yeux de certains, mais suivi de plusieurs histoires courtes de 6-12 pages maximum, mais qui regroupent une belle collection d’auteurs.

nightcouvUrban Comics s’en donne à cœur joie sur les œuvres de Jonathan Hickman, nous avons le droit en ce moment à East of West, son uchronie fantastique post guerre de sécession agrémentée de la présence des 4 cavaliers de l’Apocalypse, d’autres titres arrivent encore d’ici début 2015, mais il y a quelques temps j’avais pu apprécier Pax Romana, une œuvre complexe et très dense autour de la religion, scénario de Science-Fiction et de voyage dans le temps avec une réflexion sur le pouvoir.

night1En cette rentrée éditoriale, voici le récit qui semble t’il l’a révélé aux Etats-Unis: Nightly News. Il existe dans notre société moderne d’autres formes de « religions » et de pouvoir, à savoir en l’occurrence: les médias. Il n’y a pas si longtemps je vous ai chroniqué La machine à influencer, une histoire des médias de Brooke Gladstone & Josh Neufeld aux éditions Cà & Là, un regard pertinent et très pointu sur l’histoire et l’évolution du journalisme (à mettre entre toutes les mains). Avec Nightly News, nous sommes dans la droite lignée de ce titre étant donné le côté pointu des informations dont se sert Jonathan Hickman pour la base de son récit, et pour la pertinence de la critique qu’il met en place.

Le pouvoir politique et les médias sont étroitement liés et se rendent des services mutuels, ce n’est pas une nouveauté, mais quitte à vouloir critiquer, quelle solution apporter ?

night3Voici comment débute notre histoire, un groupuscule terroriste entre en scène et fait un carton médiatique dans les deux sen du terme: Leur intervention ne passe pas inaperçue et est relayée sur toutes les chaînes d’informations, et pour cause, trois tireurs embusqués abattent les correspondants des journaux télévisés en direct à la télé, ainsi que quelques membres de leurs équipes, caméraman, perchistes… C’est le drame parmi les grandes maisons de productions, comment ose t’on s’en prendre à ces « combattants » de l’information qui couvrent au péril de leur vie les conflits aux 4 coins du monde, mais dans le cas présent loin de toute guerre, c’est sur le territoire américain qu’ils tombent comme des mouches et dans un contexte où nulle mise en péril n’était prévue.

night2Le montage du récit est particulier, on jongle avec les évènements avec beaucoup de sauts chronologiques, on passe d’un évènement à un autre en alternant avec les rouages qui lient les médias aux politiques, et en découvrant le fonctionnement très particulier de l’organisation de La première Eglise de la Fraternité de la Voix, comment elle fonctionne, comment elle recrute ses membres, à savoir qu’aucun membre n’a de contacts avec la tête pensante de l’organisation. La construction graphique de l’album (la même que pour Pax Romana) peut-être déconcertante pour beaucoup mais va de pair avec le contenu et le nombre considérable d’informations et de documentations que l’auteur donne à ses lecteurs, on a qu’une seule envie, de recouper les éléments afin de savoir qu’elle est la part véridique des données. A n’en pas douter, on passe un très long moment de lecture à décortiquer cet ouvrage comme on peut le prendre comme un simple moment d’immersion dans un scénario de politique fiction.

solocouvSi au lieu de ça, ou en plus, vous souhaitez plus de « légèreté », passez à Solo de Oscar Martin aux éditions Delcourt, un habile mélange de récit plus proche de l’Héroic Fantasy à la sauce Mad Max, avec en guest star un rat (beeuuaarrkkk).

solo1Solo est un rat, il se tient sur ses pattes arrières, est équipé aussi bien d’arc et de flèches, d’armes blanches que de flingues, avec son père, ils chassent afin de subvenir aux besoins de leur famille qui vit recluse dans un endroit isolé, seule la loi du plus fort permet de survivre dans ce monde dévasté. La pénurie de nourriture ramène une tradition pour la survie de leur famille, le fils ainé est maintenant obligé de quitter le nid pour que les autres puissent survivre des maigres rations qu’ils arrivent à dénicher. Solo est maintenant assez fort et habile pour prendre la route et se débrouiller seul, la chose ne sera pas facile et la fourberie occasionnelle des rencontres hasardeuse fait qu’il devra se méfier à chaque instant. Mais même avec la plus grande vigilance, il ne pourra échapper à son destin et se retrouver prisonnier dans une des nombreuses arènes disséminées aux 4 coins du pays. Ses facultés de combattants seront ses seuls atouts pour survivre à la dure loi du combat, mais s’il survit, il pourra peut-être regagner sa liberté.

solo3C’est un tome 1 mais vous avez néanmoins une histoire complète qui aurait déjà très bien pu se suffire à elle même tant l’histoire est complète, très bien écrite, le rythme est génial et les personnages très bien développés. De plus l’auteur nous propose en supplément à la fin de l’album, une documentation fournie de détails supplémentaires concernant les différentes races que l’on croise dans l’album afin de s’immerger un peu plus dans son univers.

Franchement belle surprise et gros coup de cœur pour moi et le jeune libraire pour Solo.

humancouvQuand on vous dit que Urban Comics a un rythme soutenu dans ses publications, en voici un nouvel exemple avec Human Target de Peter Milligan, Edvin Biukovic, Cliff Chiang, Javier Pulido & Cameron Stewart, ou comment remettre au goût du jour à la fin des années 90′ un personnage des années 50′. Cette série inspira même deux séries télé par la suite: Le caméléon & Human Target. Je vous parle d’un rythme soutenu car nous avons eu les tomes qui composent cette série en moins d’un mois, chaque volume regroupant plusieurs récits.

Christopher Chance n’est pas un homme ordinaire et n’exerce pas un métier ordinaire. Il a la particularité d’être en mesure de modifier son aspect physique à l’aide d’artifice, maquillage, perruque, prothèse… mais à  un point bluffant de vérité, mais son talent va bien au-delà d’une simple apparence, il est capable de se doter d’une personnalité qui n’est pas la sienne et qui bluffe aussi bien la personne dont il copie l’apparence que leur entourage.

human1Quel est l’intérêt d’une telle capacité ? Christopher Chance gagne sa vie en vendant ses services à des personnes qui ont besoin d’une doublure, le plus souvent parce qu’elles sont la cible de tentative d’assassinat, mais cela lui permet également de mener des enquêtes à leur place ou encore de louer ses services en tant que tueur à gage.

L’idée de base est déjà intéressante et peut être exploitée de différentes manières, remplacer un prêtre qui officie dans un quartier où les gangs produisent du crack et régissent la vie des habitants par la terreur, son combat peut l’amener à se retrouver la cible d’un contrat, un acteur d’Hollywood victime de chantage… Mais les auteurs n’en sont pas restés là, et au fur et à mesure des histoires c’est le changement répété et la profondeur d’immersion qui influent sur la personnalité de Christopher Chance au point de se perdre, ils ont même étés encore plus loin, mais pour le coup je suis obligé de me taire pour laisser la surprise au lecteur.

human2Cette série tient du polar, de la critique de la société, de la psychanalyse, de quoi en surprendre plus d’un par la richesse du fond comme de la forme. et étant donné l’épaisseur de chaque volume de quoi vous offrir de longs moments de lectures immersives.

Et pour finir, que dire d’autre que le tome 2 de Northlanders, le livre Islandais de Brian Wood, est sorti et que c’est l’un des titres que nous attendions le plus tous les trois à la librairie.

northlandercouv

 

 

 

 

 

 

 

Des retrouvailles, des trouvailles, vaille que vaille.

 

patrouillecouvA chaque rentrée c’est pareille, on n’a pas envie de se lever le matin, on traine des pieds pour retarder au maximum le moment où l’on va se rendre à l’école, ou au boulot, et pourtant, une fois arrivé sur place, on se laisse gagner par l’émotion, des visages connus à peine perdus de vue, d’autres qui surgissent du passé et qui s’étaient fait oublier, et des petits nouveaux qui risquent de se faire remarquer. Cela fait déjà 3 semaines que la reprise éditoriale a eu lieu et l’on ne sait déjà plus où donner de la tête, et non content d’avoir plein de nouveautés à vous présenter, je vais même vous remettre en avant un VIEUX titre qui à AU MOINS 1 AN, y’en a parmi vous qui étaient même pas nés…

foliecouvPour celles et ceux qui l’ignorent encore, 2014 est l’année du centenaire de ce qui s’est passé en 1914, il ne faut pas chercher à comprendre, c’est comme ça vous n’y pouvez rien. Et pendant les 4 années à venir vous n’avez pas fini de voir un paquet de livres, d’ouvrages de toutes sortes, de Bandes Dessinées, de magazines, de reportages, d’émissions de radio, télé… consacrés à la 1ère guerre mondiale. Pour beaucoup de cas, vous verrez des sujets précis, des personnages historiques, des moments clés, mais ceux qui m’intéressent sont plus subtiles, je profite donc de l’occasion de la sortie de La patrouille des invisibles d’Olivier Supiot aux éditions Glénat et du premier tome de Le chant du cygne de Babouche, Dorison et Herzet aux éditions du Lombard dans leur collection Signé, pour remettre en avant Les folies Bergères de Porcel & Zidrou qui sortit courant 2012 aux éditions Dargaud.

folies1Pourquoi mettre en avant ces 3 récits ? Ben, parce qu’ils sont diantrement bons mon bon ami. Mais pourquoi ces 3 là, précisément ? Ben, parce que narrativement et graphiquement ils sont bigrement terribles mon cher ami. Et que pourriez vous m’en dire pour me convaincre de choisir ces 3 là plutôt que d’autres que vous avez parfois encensés, comme Notre mère la guerre de Kris & Maël chez Futuropolis, par exemple ? Ben parce que c’est ma chronique, donc mon choix, et que si tu tiens a ce que l’on reste ami, tu vas arrêter de poser des questions et lire la suite. Dans le cas des Folies Bergères, peut-être que la couverture de l’album paraissait agressive, mais elle n’en demeurait pas moins efficace et réaliste, ils furent nombreux ceux qui y laissèrent leurs os blanchirent au fin fond des tranchées. Son titre, comme le dit si bien l’un des soldats, « Les folies Bergères, ça sonne mieux que la 17e compagnie d’infanterie, pas vrai ? »; et il n’a pas tout à fait tort. Dans cette histoire on suivait quelques membres d’un bataillon, chacun y apportait sa propre histoire, ses propres pensées, et pendant qu’ils se retrouvent isolés sur le front, une part de leur vie continuait sans eux son petit bonhomme de chemin. (petite parenthèse pour expliquer qu’en écrivant « petit bonhomme de chemin », je me fais marrer tout seul parce que je parle de l’album de Mathieu Bonhomme un peu plus loin dans l’article, qui, soit dit en passant au moment où j’écris ces mots, la partie consacrée à son titre n’existe que dans ma tête au milieu de tout un tas d’autres choses qui forment un bien beau foutoir). Le jeune frère de l’un des soldats casse les pieds de Monet afin qu’il mette ne serait-ce qu’une grenouille sur ses nénuphars, ou alors c’est parce qu’il ne sait pas les dessiner, pffff le nul. L’un des nombreux condamnés à mort exécutés au cours du conflit par son propre camp, pour une modeste histoire d’insubordination ou une futile histoire quelconque qui pouvait amener un gradé à vouloir passer par les armes n’importe quel trouffion qui passait à portée d’un peloton d’exécution, seulement voilà, on a beau lui tirer dessus, il ne veut pas mourir ce c**. Tout un tableau, que l’on admire, dans le drame qui se prépare, on se surprend à rire, les touches de couleurs qui apparaissent sporadiquement dans l’album sont comme les bulles de savon qui captent l’attention le temps d’un moment éphémère.

patrouille2La patrouille des invisibles, C’est le retour d’un artiste que nous aimons beaucoup tout les trois, nous avions eu le privilège de recevoir Olivier Supiot à l’occasion de la sortie de Marmelade (chez Glénat également) et je saisi ma chance cette fois là pour lui dire tout le bien que je pense de son travail. Et voilà qu’il remet ça le saligaud de Supiot. Ce suppôt du 9e art revient avec un récit de poilus, l’introduction se fait par le biais de Hubert Lessac, pilote de l’aviation Française au cours de la 1ère guerre mondiale, ce combattant affiche déjà 19 victoires à son actif, un fait d’armes qui lui permet de faire la une des médias qui attisent la propagande afin de soutenir l’effort national. Seulement Hubert, lui, ne souhaite qu’une chose: mourir. L’envie ce n’est pas tout, la force de volonté pour passer à l’acte, il ne l’a pas, et nul adversaire n’a encore été en mesure de satisfaire ses attentes et lui faire mordre la poussière. Sa route va être amenée à croiser celle de Milo, du Gros Pierrot, du François ou encore de Titouan  Kerzadec.

patrouille1Ces hommes sont l’exemple le plus classique de camarades qui s’unissent à la vie, à la mort grâce à une amitié qui prend sa source dans une situation désespérée, une union qui renforce leurs liens, mais c’est aussi la confiance accordée à ceux en qui ils ont confiance afin de se sortir de ce bourbier et si possible en un seul morceau. Et ce sont des gars comme Titouan qui vous consolide un groupe pareil, un personnage charismatique, hors norme, une légende qui tétanise les adversaires: « Il était un homme de boue et de ferraille… Un pourvoyeur de mort. »

Tous ensemble, ils vont être amener à faire un bout de chemin, sous les bombardements et la mitraille, certains regards porteront bien au delà de ce qu’ils ont pu côtoyer au cours de cette expérience. Olivier n’a pas son pareil, on pourrait d’abord croire que son style graphique ne serait pas le mieux adapté pour le genre de récit qu’il choisi de mettre sur papier, et à chaque fois cela marche. C’est fou, ses albums sont comme le bonhomme (bon cela fait deux fois déjà), il ne faut jamais se fier aux apparences, La patrouille des invisibles est un grand album, n’en doutez pas.

chantcouvLe chant du cygne, une première partie pour ce récit en 2 tomes, de Babouche, Dorison et Herzet, dans la collection Signé du Lombard. Comme les deux titres précédents, l’originalité du graphisme pour ce genre de récit capte mon attention, il y a du mouvement, des effets de style, un côté brut… avec des moments d’apaisement. Ce que je viens d’écrire peu ne rien vouloir dire comme cela peut tout bonnement résumer le charme et le génie de l’album, j’en suis bien conscient.

chant1C’est la guerre, c’est moche, cette désolation tout autour de vous, c’est l’unique vestige de la luxuriance des bois et de la nature qui pullulait autrefois, maintenant tout est uniformément gris, marron, terne… Les tranchées se succèdent avec leurs lots de trous d’obus sporadiquement épars tout autour du cantonnement qui nous intéresse. Le Chemin des Dames est de nos jours célèbres par son lot de morts accumulés lors de ce conflit, des morts inutiles et idiotes, où l’on envoyait à l’abattoir les hommes par milliers. Et en ce jour, rien de nouveau, les hommes qui se faisaient une joie de leur permission qui leur était accordée, se voient obligés de s’assoir dessus, la boucherie est de nouveau au rendez-vous, et c’est au cul des chars que les régiments vont de nouveau monter en première ligne, exposés aux bombardements, aux gaz, à l’horreur.

Comme la goutte d’eau qui pourrait faire déborder un océan, c’est un simple bout de papier qui vient bouleverser la vie des combattants, si leurs supérieurs apprennent la présence de ces feuillets au sein de la compagnie, il y en a qui risquent de finir collés au mur.

chant2Aussi saugrenu que cela puisse paraître, une pétition regroupant le nom de milliers de soldats circule, une pétition afin de se rebeller contre les décisions imbéciles qui envoient à l’abattoir les hommes chaque jour, des ordres stupides que tous ne peuvent plus supporter, las de voir leurs amis s’écrouler à leur côté et garnir d’une nouvelle fleur ensanglantée le champ de bataille. Ce brulot, il faut qu’il fasse le tour des compagnies afin que sous le poids du nombre les politiques plient à leur exigences, le document doit donc être amener jusqu’à l’assemblée nationale quitte à ce que les porteurs soient de plus considérés comme déserteurs. Voici donc ma première sélection consacrée à la première guerre mondiale, nous avons encore quatre belles années de commémorations qui risquent de nous offrir encore d’autres titres sur le sujet et, espérons le, aussi bons que ceux là.

texascouvAllez faisons place à un peu plus de légèreté avec le titre suivant, le deuxième opus de Texas Cowboy, The Best Wild West Stories Published, Mathieu Bonhomme et Lewis Trondheim récidivent avec le genre Western aux éditions Dupuis.

Harvey Drinkwater, un nom parfais pour ce qu’il convient d’appeler « Un pied tendre », un journaleux de la côte Est, est gentiment convié par son patron pour couvrir un reportage que l’un de ses collègues n’est pas en mesure d’assurer, oh rien de bien méchant, se rendre à Fort Worth pour concocter des articles sur les légendes et les stéréotypes du grand ouest sauvage, le genre de littérature publiée de façon épisodique qui émoustille celles et ceux, qui, réfugiés dans leurs grandes villes, s’enorgueillissent de faire partie d’un pays où la sauvagerie est encore existante. Comme le dit si bien son patron: « Hell’s Half Acre à Fort Worth, le pire de toute la racaille des ploucs de l’ouest rassemblé sur un espace grand comme le cul d’une mouche« ; peut-être cela donnera des idées de destination de vacances pour certains parmi vous.

texas1Les deux albums sont découpés en chapitres, comme si vous lisiez les fameux articles de Drinkwater, on le suit pas à pas, tout en découvrant les différents portraits qu’il dépeint à chaque fois. Ainsi, au même endroit, chacun vit sa petite histoire qui parfois peuvent avoir une incidence sur la vie d’un autre. Un choix judicieux des auteurs pour composer leur récit.

texas2Dans ce deuxième album, Harvey Drinkwater est rappelé par Forest, l’homme qui lui servit en partie de guide et d’ange gardien lors de son premier périple. Pourquoi ? Oh rien de moins que la présence de Wyatt Earp à Fort Worth, pardi ! Bon Harvey découvrira qu’il y a une autre raison à cet appel, et qui est en lien direct avec ce qui lui était arrivé dans le premier album. Encore cette fois, différents personnages vont se croiser, on voit également la même scène observée par plusieurs angles, petit à petit le dénouement final se met en place. De nouveaux personnages charismatiques entrent en œuvre, comme Butch, « Je suis pas un Hors-la-loi comme Sam Bass, mais je suis plutôt pas mal connu dans l’coin« . Sophia et Mme Cooper, deux Cowgirls qui doivent toujours faire leurs preuves dans ce monde où la force brute l’emporte facilement, ce qui privilégie plutôt les hommes. Ou encore ce manchot, qui contre un verre ou deux, raconte à qui le souhait, dans quelles circonstances il a perdu son bras, une intervention récurrente qui, je l’espère, comme moi, ne vous laissera pas indifférents.

7couvDepuis quelques temps, les séries « concept » arrivent à tirer leur épingle du jeu: 7, Le casse, La grande évasion, Jour J, L’homme de l’année, Oracle, Elfes… Et bien dans les dernières en date, c’est 7 merveilles aux éditions Delcourt, qui m’a bien plu. Sept albums consacrés chacun d’entre-eux à l’un des monuments les plus majestueux de l’histoire de l’Humanité. En cette rentrée, c’est le 3e tome de la série qui vient de paraître: Le phare d’Alexandrie (254 AV. J.C), de Luca Blengino au scénario, Tommaso Bennato au dessin et Cyril Saint-Blanca à la couleur, le projet étant supervisé par David Chauvel.

7extrat1Ce sont des histoires qui se déroulent à une période contemporaine de chacun des édifices, le but n’étant pas de vous révéler tous les secrets qu’ils ont pu receler mais de mettre en avant un évènement, des personnages dans le giron des constructions. Dans le premier tome, cela se passait à Olympie, lors des jeux Olympiques, plusieurs personnages se croisaient, un athlète participant pour la dernière fois aux jeux et tiens à profiter de l’occasion pour une recherche personnelle, un jeune garçon à la recherche de son père, plus une affaire « d’espionnage » liée à la rivalité entre Olympie et Athènes. Dans le deuxième volume, nous faisions une escale dans les jardins de Babylone, une histoire de potager antique en quelques sortes, non plus sérieusement, c’était l’histoire d’un esclave juif qui voit grâce à ses talents de jardinier, une opportunité d’échapper à sa condition d’esclave, mais certains exploits vous mettent un petit peu trop en avant, et lorsque le roi s’intéresse à vous et vous lance un ultimatum, votre intérêt est d’assurer encore une fois, et même un peu plus.

7extrait2Et cette fois, nous voici lancés dans une histoire policière, avec des courses poursuites de voitures, des échanges de tirs à balles réelles… ou peut-être pas en fait, je ne suis même pas sûr qu’il y ait des échanges avec la ville de Tyr. Le phare d’Alexandrie, la lumière de la civilisation, salvatrice pour tous les marins qui circulent en mer Méditerranéenne, cet endroit est gardé par un nombre réduit de soldats, mais même eux n’ont pas accès au sommet du phare, seul Andronykos le gardien détient tous les secrets de l’édifice. En cette nuit, Andronykos n’est plus, tel Icare, le gardien a chu du haut du phare, une torche humaine vient de glacer d’effroi les soldats dispersés au pied du bâtiment, les conditions mystérieuses entourant sa mort incite Ptolémée II à lancer une enquête qu’il confie à l’un de ses généraux: Kiostrates. L’homme va faire appel à un jeune érudit, mathématicien de génie mais pas assez conformiste pour ses professeurs. Secrets, mystères, mathématiques, architecture et savoir, voici une partie des ingrédients de ce succulent repas, pour le moment chaque album a rempli sa part de qualité d’écriture, d’histoire et de dessin et à n’en pas douter, cela risque de continuer.

mongo couvPhilippe Squarzoni est également de la partie pour cette rentrée, l’homme est généralement connu pour ses reportages en bandes dessinées: DOL, Garduno en temps de paix, Zapata en temps de guerre, Torture blanche, Saison brune… j’en passe mais la liste de ses œuvres est déjà longue et de qualité.

Avec Mongo est un troll, Philippe Squarzoni présente dans la collection Mirages de Delcourt un récit atypique, une histoire de moyen-âge ? d’Héroïc fantasy ? Ce serait trop simple pour notre auteur de faire une histoire que l’on pourrait cataloguer si facilement, nous allons prendre la route avec Duane et Cameron, comme chaque année à la période des beaux jours, les fêtes de villages vont reprendre leurs droits, l’occasion pour les camelots, autres vendeurs itinérants, saltimbanques ou guérisseurs de venir vendre leur marchandise et leur talent auprès du public. Le pourquoi de leur intérêt pour cette période de l’année n’est pas l’empressement qui les gagne à faire des emplettes, non, Cameron est à la recherche de sa mère, une guérisseuse itinérante qui a disparue depuis pas mal d’années, donc chaque été, ils prennent la route à sa recherche. Ils vont rencontrer en chemin Claire, jeune brune énigmatique (c’est moins drôle sinon), probablement une « magicienne de l’ancien temps » qui va les accompagner, tantôt disparaître, que pour mieux survenir au moment opportun.

mongo1Comme le titre l’indique, vous trouverez des trolls ainsi que d’autres bestioles que vous souhaiterez ne pas croiser sur votre route, des bars où vous désaltérer et faire encore d’autres rencontres improbables. Mais à mon gout, ce qui fait que j’ai vraiment aimé cet album, c’est parce que ce récit est le genre d’histoire où l’on ne va pas vous prémâcher le travail, on se contente de prendre la route avec nos deux amis, on s’immisce dans un moment de leur vie, l’auteur laisse une grande part d’interprétation et de réflexion au lecteur, et çà j’adore!

 

De la bonne SF qui en met plein la vue

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La Science-Fiction et la fantasy sont mes deux grandes passions depuis longtemps. Ces deux grand genres ont été boudés ces derniers temps. Où sont passés les années Série B de Delcourt avec des séries chocs comme Travis, Carmen Mc Callum, Golden city dans d’autres collection Sillage, Aquablue. Les purs et durs me diront : « petit tu oublies le vrai âge d’or avec L’incal, Les métabarons, Moebius, Druillet, Bilal… Certaines séries phares sont toujours d’actualité comme Universal War avec un nouveau cycle, L’incal avec final incal 3 ou Le cycle de Cyan qui va bientôt avoir le droit à un nouvel album en septembre. Mais où sont les vraies nouveautés… la relève ?

On peut toujours dire que c’était mieux avant, sinon on reste ouvert et on attend en faisant attention de ne pas rater la pépite. Orbital, Le complexe du chimpanzé, Métronome…

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Et nous voici en 2014 avec ce qu’il ne faut pas manquer en SF :

Warshipcouv1- Warship Jolly Roger : De la SF bien « Bad Ass » comme on les aime. Le grand retour du Space Opéra qui en met plein la vue. Coté scénario Sylvain Runberg  nous mitonne une histoire aux petits oignons.  Jon Tiberius (oui Tiberius comme James Tiberius Kurk, de Star Trek) Munro, ancien militaire devenu criminel de guerre, va s’échapper avec une équipe improvisée, de tueurs et de malfaiteurs qui peuplent la prison dans laquelle il a été enfermé. Le voilà à la tête d’une équipe de personnes toutes plus inquiétantes les une que les autres. Notre héros aura bien du fils à retordre pour faire face à l’armée galactique et faire ouvrir au gens leurs yeux sur les hommes qui les dirigent. Un joyeux cocktail d’explosions digne des grosses productions hollywoodiennes. Laissez vous embarquer à bord du Warship Jolly Roger et ouvrez grands les yeux car Miki Montllo va vous en mettre plein la vue.

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MermaidcouvMermaidcouvMermaidcouv32- Mermaid Project : Déjà le 3eme tome de cette série signée Léo (le papa de Aldebaran Betelgeuse, Antares…) au scénario et Fred Simon au dessin. Nous sommes dans de la science-fiction d’anticipation. Le monde à changé et les pays émergeants (Afrique), ont pris la place des grandes puissances d’aujourd’hui. Ainsi le racisme ordinaire à changé créant bon nombre de situations étranges et dérangeantes. C’est dans ce futur, qui nous fait réfléchir, que l’on retrouve l’inspecteur Romane Pennac. Elle enchaine les enquête sans intérêts jusqu’au jour où un couple vient frapper à la porte de son bureau, pour parler du décès de leur fille et d’un étrange courrier qu’ils ont reçu leur disant d’aller voir l’inspecteur Romane Pennac et d’ouvrir le cercueil de leur fille car elle n’y serait pas. Voilà comment tout commence. Chaque tome vient étoffer l’histoire et créer de l’intérêt supplémentaire pour la série. Bref un régal.

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Sidarcouv3- Les univers de Stéfan Wul : La collection dirigée par Olivier Vatine voit deux nouveaux titres venir compléter ces adaptations. Le temple de passé et Rayons pour Sidar. Toujours aussi incroyables, les romans de Wul arrivent toujours à nous parler et nous faire réfléchir.

Avec Rayon pour Sidar, Wul voulait nous faire réfléchir sur les relations avec les colonies, le tout projeté avec des planètes et des Templecouvraces extraterrestres, l’intelligence artificielle et la vie sont également les points forts de ce récit. Emmanuel Civiello apporte, lui, une empreinte visuelle  à ce monde et ces créatures.

Le temple du passé est, je dois bien l’avouer, mon petit chouchou après Niourk. On y suit une équipe perdue dans l’espace suite à une mauvaise rencontre sur la route. Dès le début les personnage se réveillent d’un sommeil cryogénique, comme dans Alien et nous voilà dans le bain. Etienne Leroux nous livre un dessin très efficace et Hubert au scénario nous dévoile petit à petit sous forme de flash back le monde et la société d’où viennent les personnages. Voilà qui promet également de grande réflexion. Les univers de Stéphane Wul sont à lire et à méditer.

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alteregocouvSillagecouvSinon il vous reste toujours des séries qui continuent leur chemin comme Alter Ego avec le 3eme tome du second cycle, série toujours aussi prenante. Ou alors Sillage premières armes. Après Les chroniques de Sillage et Navïs, voici le nouveau spin-off de Sillage. Buchet prête son personnage et son crayon à Pierre-Mony Chan. Ce nouveau spin-off est l’occasion de retrouver la fraicheur du personnage de Navïs. Il s’agit de, comme son nom l’indique  la première mission de Navïs pour Sillage. Je trouve que depuis plusieurs tomes la série Sillage est perdue dans des histoires complexes et torturées dont on arrive pas à sortir, aussi pas d’histoire sur le long terme juste l’envie de faire vivre une bonne aventure sympa à Navïs comme dans les tome 3 et 4. Donc défi relevé pour Sillage première mission et j’espère que la série mère retrouvera cette fraicheur bientôt.

Voilà pour mon tour des série SF cru du 1er semestre 2014

La bd, ce n’est pas que pour les enfants

brother couvAmis psychopathes bonjour, cette rubrique s’adresse aujourd’hui spécialement à vous, pour les âmes sensibles, je vous suggère de revenir un autre jour. Cette fois, ce sont cinq, oui je dis bien cinq albums que je vais vous présenter, et ces petits bijoux s’adressent à un lectorat averti voire perverti, c’est pour les lecteurs exigeants et qui aiment les histoires dérangeantes. Nous allons plonger dans la noirceur la plus extrême de l’âme humaine, jouer avec la science quantique, défier Dieu & le Diable, sombrer dans la folie, le tout illustré par quelques maîtres du genre: Welcome to the jungle baby !!

borther extrait2Parmi les séries que nous avons toujours défendues, il y a 100 Bullets de Brian Azzarello & Eduardo Risso, une perle du label Vertigo. Pourtant certains d’entre vous qui s’y sont laissés tenter ont parfois eu du mal a passer le cap des premiers tomes, étant donné la forme originale du début du récit. En effet les premiers volumes présentent différents récits qui semblent un peu dissolus, mais il faut savoir faire preuve de patience dans la vie, les préliminaires ne sont pas fait pour les chiens Nom de Dieu, un bon vin, on le laisse décanter un peu avant de pouvoir le savourer, et bien 100 Bullets c’est pareil, et croyez moi c’et du bon.

brother extrait4Dans les personnages les plus emblématiques de la série, il y a Lono. Lono, comment vous décrire Lono ?! Lono c’est le cauchemar qui empêche de dormir le Diable depuis sa venue au monde, c’est le pire fils de p**e (je vous avais prévenu les âmes sensibles ou prudes, cet article n’est pas pour vous) que la terre ait pu receler. Il est increvable, vicelard, a un sens aigüe de l’âme humaine, ce qui fait de lui le pire chasseur d’homme que l’on ne souhaite surtout pas avoir à ses basques. Lono est de retour, on a retrouvé sa trace du côté de Durango au Mexique, il réside maintenant à l’orphelinat de la ville et au début de l’histoire, il est chargé d’accueillir sœur June à la gare routière. C’est ainsi que débute Brother Lono, un one-shot publié par Urban Comics.

brother extrait1C’est fou ce qu’il y a comme monde ce matin en ville, du côté du marché, cela peut se comprendre, mais du côté de la gare, ce ne sont pas les comités d’accueil qui manquent. Craneo et ses hommes sont là également, et leur informateur qui les accompagne va bien gentiment les aider à mettre la main sur l’agent de la DEA qui débarque en ville, je vous ai déjà dit qu’il y avait du monde en ville ce matin ?

brother extrait3Craneo, c’est l’homme de main de Cortez qui lui même travaille pour Las Torres Gemelas, les tours jumelles, deux frères qui dirige le cartel local qui règnent par la terreur et font frissonner la police à chaque cadavre déposé aux quatre coins de la ville. Vous l’aurez bien compris, la rédemption de Frère Lono risque de prendre un coup dans l’aile si les chemins de tout ce joli petit monde se télescope. Il n’y a pas que l’histoire de chacun qui se mélange, Brian Azzarello & Eduardo Risso prouvent une nouvelle fois qu’ils sont les maîtres incontestés du polar, on glisse très subtilement d’une action à l’autre, les dialogues se mêlent avec justesse et se répondent, il n’a pas que les flinguent qui touchent au but. Et Lono est plus charismatique que jamais, à n’en pas douter, cet album pourrait très bien être une bonne opportunité pour vous de découvrir l’univers de 100 Bullets, mais je vous en conjure de ne pas vous couper l’herbe sous le pied en commençant par un récit, indépendant certes, mais qui se déroule après le récit principal.

tengrand couvJ.M. Straczynski, l’auteur entre autre de Rising Star & Midnight Nation… est deux fois à l’honneur dans cet article, il arrive en librairie avec Ten Grand en collaboration avec Ben Templesmith (30 jours de nuit, Wormwood, Choker, Fell) et C.P. Smith aux éditions Delcourt et avec  Dr. Manhattan, le dernier tome de la série Before Watchmen avec Adam Hughes au dessin chez Urban Comics.

tengrandextrait1J.M. Straczynski est un orfèvre qui sait peaufiner ses scénarios comme peu d’auteurs savent le faire avec une richesse et une profondeur de sujets de réflexions. Ben Templesmith est un dessinateur au style particulier qui sait créer des ambiances noires et troublantes propre aux romans d’Horreur. Alors pour Ten Grand t1, D’amour et de mort, le duo va vous plonger dans du récit fantastique avec un personnage, Joe Fitzgerald hors du commun. A la base, Joe est un homme de main de la mafia, un tueur chargé d’éliminer la concurrence et plus précisément d’éradiquer les portes flingues adverses, tueur de tueurs ! Mais voilà, lorsque l’on est le meilleur dans sa partie, il est plutôt mal vu d’annoncer que l’on prend sa retraite, surtout pour une affaire aussi futile qu’une histoire d’amour. Il se voit donc chargé d’une ultime mission par son boss qui n’est autre qu’un piège, une affaire peu commune qui fout les jetons à son patron et la seule façon de sauver son âme, c’est de trouver un remplaçant et c’est Joe qui va trinquer.

ten grand extrait2Lui et sa petite amie vont donc faire les frais de ce curieux arrangement et meurent dès le début de l’histoire, encore agonisant, Joe voit un ange se pencher sur lui et se voit proposer un curieux arrangement: sa femme se voit accorder sa place au Paradis, mais pour lui, ses actes sont impardonnables, excepté une opportunité, il peut si il le souhaite revenir à la vie et offrir ses services aux âmes en peine. Il n’y gagne pas une absolution facilement garantie, il ne sait pas encore pour combien de temps cet engagement le lie et combien de services il va devoir rendre avant de se voir garantir la grâce divine. Il ne récupère pas non plus un pouvoir exceptionnel, il souffrira comme n’importe lequel des mortels et il mourra, pour revenir encore et encore… Quel intérêt ? A chaque fois qu’il perdra la vie, il se verra accordé une entrevue de 5 minutes avec son amour perdu. Si cela vous laisse perplexe, Joe, lui, a accepté le deal. Sa prochaine mission, il va même accepter de la faire gratis, car c’est son propre passé qui ressurgit, et sa cible, il est sûr et certain que la première fois qu’il a butté ce mec, il était bel et bien mort ce salaud.

Une histoire qui surfe allègrement sur Le mythe d’Orphée, L’enfer de Dante ou encore The Crow, ce qui justifie l’arrivée d’un troisième compère dans la réalisation de ce récit, C.P. Smith va prendre les commandes au graphisme lorsque Joe Fitzgerald va basculer au Purgatoire

before couvAprès Ozymandias, voici le second récit qui vaut vraiment le détour dans la collection Before Watchmen, et c’est tant mieux car l’histoire originale tournait principalement autour de ces deux personnages.

before extrait1Je vous le disait un peu plus haut J.M. Straczynski est un orfèvre, et cela tombe bien, son personnage Jon Osterman est à la base un horloger qui se tournera plus tard vers la physique quantique et la recherche nucléaire. C’est suite à un accident qu’il deviendra Dr. Manhattan, un nouveau genre « Humain », capable de plier la matière à sa volonté. L’espace et le temps n’ont plus de secret pour lui, et si Passé, Présent et futur ne font plus qu’un, il refuse d’interagir sur les évènements afin de laisser le libre arbitre à la race humaine.

before extrait3 S’inspirant de l’expérience du chat de Schrödinger, les auteurs proposent une base scénaristique intéressante, et si Jon remontait dans le temps avant sa « création », qu’elles en seraient les conséquences ?

before extrait2L’observateur interagit-il  avec ce qu’il observe ? La construction de l’histoire va mettre en parallèle les différentes hypothèses possibles, comment se seraient déroulés les évènements si l’accident n’avait pas eu lieu ? Quelles auraient été les conséquences si Jon avait fait des choix différents ? Cela peut paraître aberrant que les auteurs aient pris la décision d’aller à l’encontre du choix d’Alan Moore qui dictait une ligne de conduite au Dr. Manhattan à laquelle il n’a jamais déroger. Mais très honnêtement, l’intelligence du scénario et de l’écriture en fait un récit captivant, et oserais-je le dire… allez, j’ose: Parfait !

Comme illustré ci-contre , avant d’ouvrir son cadeau l’enfant a des possibilités multiples de surprises qui se cachent à l’intérieur, ce qui laisse libre cours à son imagination tant qu’il arrive à se retenir, d’où la référence au chat de Schrödinger.

before extrait5Dans le cas de Jon, les auteurs vont s’amuser à mettre en opposition les réalités alternatives, parfois il n’y a qu’une légère subtilité entre les deux options retenues, autrement les conséquences prennent bien plus d’ampleur, et c’est alors que l’on se délecte à décortiquer les images et le texte de la page. La confrontation entre Jon et  Ozymandias est savoureuse, les deux maîtres s’affrontent avec toute leur subtilité, le plus grand génie de tous les temps face à l’omnipotence & l’omniscience incarnées.

batman couvEt pour finir dans la ville où sévit la folie et la noirceur, j’ai nommé Gotham. Deux titres sortent du lot cette fois avec Batman le chevalier noir t3, Folie Furieuse de Gregg Hurwitz, Ethan Van Sciver & Szymon Kudranski, ainsi que Batwoman t3, L’élite de ce monde, de W. Haden Blackman, Trevor Mc. Carthy & J.H. Williams III, ces deux albums sont sortis chez Urban Comics.

batman extrait3Szymon Kudranski est l’actuel dessinateur de Spawn la saga infernale et illustre cet épisode de Batman, son style s’ajuste à merveille pour les histoires urbaines qui se déroulent principalement la nuit et qui font la part belle aux ruelles sombres où les ombres sont légions.

Cette fois, Batman enquête sur des disparitions qui prennent des tournures disproportionnées, à chaque nouveau cas, les victimes sont de plus en plus nombreuses, et c’est sur les traces du Chapelier Fou que l’entrainent ses investigations. Nous allons découvrir ses desseins qui prennent leurs origines au cœur de son enfance, sa passion immodérée pour l’univers d’Alice au pays des Merveilles le pousse à vouloir recréer l’univers dans lequel se déroule cette histoire et il s’est décidé à trouver le casting parfais pour l’occasion. Sa folie et son soucis de perfection va l’entrainer dans ses derniers retranchements et va bousculer la vie privée de Bruce Wayne.

batman extrait1En guise de cerise sur le gâteau, vous allez même avoir le droit à un mini récit qui clôturera l’album, où vous pourrez retrouver en Guest Star, Le Chapelier Fou, L’épouvantail ainsi que Le Pingouin, invités à une rencontre qui terrorisera les maîtres de l’épouvante de Gotham.

batwoman couvPour Batwoman, le programme risque d’être tout aussi salé. Dans la suite directe des évènements des épisodes précédents, notre héroïne en quête sur la disparition d’enfants que Médusa a kidnappé, et pour affronter cette « vilaine » issue de la mythologie de la Grêce Antique, elle va demander de l’aide à Wonder Woman, qui n’est autre qu’une des nombreuses filles de Zeus.

Ce monstre fantasmagorique au regard foudroyant s’est entourée de plusieurs personnages issus d’autres récits folkloriques d’horreur populaires, la réalité bascule et c’est un combat titanesque qui va se tenir dans les rues de la ville. batwoman extrait1

Nous retrouvons au dessin J.H. Williams III, là encore nous avons la chance de contempler, et c’est bien le mot, le travail d’un génie (ou d’un fou ?!).

batwoman extrait3Si vous ne connaissez pas son travail, sachez qu’il a collaboré avec Alan Moore à la réalisation de Prométhéa, et que c’est lui également qui travaille actuellement sur la reprise de Sandman avec Neil Gaiman, et vous ne pouvez pas savoir comme j’ai vraiment hâte que cela soit traduit et publié en France.

batxoman extrait2Cet artiste a l’art de déstructurer l’image, de jouer avec les codes de narrations du comics et de se les approprier, prendre les onomatopées et faire des cases, dynamiser les scènes de combats en les animant, de sorte qu’elles brisent les lignes et les cadres.

Voilà les clefs que je vous propose pour ouvrir les portes d’esprits malades, des abymes où je vous invite à plonger, alors vous laisserez vous tenter ?

 

Un auteur qu’on aime GROS comme ça !

matchcouv1Personne ne va me croire, le Grand Libraire qui va dire du bien d’un livre qui parle d’une partie de tennis… Oui, mais   sous la plume & le crayon de Grégory Panaccione.

Si vous tendez la tête par la fenêtre de votre bureau, ou de votre voiture (enfin pas maintenant parce que sinon cela veut dire que vous lisiez cet article en conduisant, sauf si bien sûr vous êtes prisonnier d’un embouteillage et que ô miracle, un nouvel article des coups de cœur de la Mystérieuse librairie nantaise vient de tomber et que cela va vous permettre de passer le temps en attendant que la circulation puisse reprendre, non parce qu’il ne faut pas exagérer, avec les âneries de l’autre andouille un peu plus loin devant, vous n’êtes pas sortie de l’auberge, c’est moi qui vous le dit, et puis la petite qui a remis ça avec son histoire de poney, et vu qu’elle vient de terminer première de sa classe, comment je vais m’en sortir sur ce coup là ?… oui vu comme ça, respirons un grand coup et changeons nous les idées, ils parlaient de quoi déjà dans leur chronique les Mystérieux ?)   Je disais donc pour les distraits, si vous vous attardez dehors, après la mousson, la canicule ! Le bonheur des uns fait le malheur des autres, et moi par ce temps là, je me sens un peu flagada, mais à un point, si vous saviez. J’aimerais me coller dans un coin avec un bon bouquin et profiter du temps qui passe, mais il fait tellement chaud, que même lire me fatigue !

match1Eurêka, le voilà l’auteur idéal, Grégory Panaccione, l’auteur capable de vous pondre une histoire suffisamment dense pour captiver votre attention pendant un moment, d’y trouver de l’humour, d’avoir de l’attachement pour les personnages et d’en redemander. Qu’est-ce que je vous sers ?

tobycouvNous avons fait connaissance avec l’auteur lors de la publication de Toby mon ami en 2012 par les éditions Delcourt dans leur collection shampooing, il sera suivi de Ame perdue en 2013 et pour le tournoi de Rolland Garos 2014, voici Match, un affrontement entre les représentants des deux nations: France / Angleterre.

toby1N’est-il pas mignon ce petit chiot !? Je vous présente Toby !! Et c’est mon AAAAMMMIIIIII !!! Et il va devenir le votre également, comment pourrait il en être autrement, vous vous attacherez à cet être empli de liberté.

Voici l’histoire d’un chien et de son « maître » ou, à défaut, de son « âme sœur », voici des moments de vie, de joies et de peines, d’instinct et d’incertitude. Vous allez découvrir dans cette histoire des faciès que vous retrouverez dans d’autres rôles, c’est l’un des autres plaisirs que l’on ressent lorsque l’on ouvre un album de Grégory Panaccione, le fait de développer un sentiment d’intimité avec ses personnages et d’éprouver une grande joie à chaque retrouvailles.

match5Et au service, c’est l’Angleterre qui s’y colle, mais l’on sent bien que notre sportif Français à envie d’en découdre et de rendre coup pour coup.

ameperduecouvBon, on commence avec les baguenaudages d’un chien et de son maître dans les grands espaces et c’est très bien, mais à force de chercher on trouve, et quoi de pire que de se rendre compte de l’immensité qui nous entoure. Et voici qu’arrive le deuxième album, Ame perdue, où les aventures d’une insignifiante créature perdue au milieu de nul part.

Ce petit être primitif va devoir faire face à une nature hostile, bien évidemment quand on ne mesure pas plus de quelques centimètres de haut, tout prend des proportions dantesques, à commencer par une simple pluie qui prend des allures de déluge. Quant à grimper sur un simple caillou, et bien imaginez vous face à une montagne escarpée, « cul nul », je vous souhaite bien du plaisir pour l’ascension…

ameperdue3Il va se poser également la question de la faune environnante, un petit poisson devient un Léviathan, une nuée de moucherons tient de la horde maléfique et que dire d’un chien errant.

match4Angleterre 40 – 15 France

Non, ce n’est vraiment pas une vie d’être aussi insignifiant, il en devient difficile de trouver de la nourriture afin de subvenir à ses besoins. Fort heureusement, il arrive parfois que l’on fasse des rencontres qui changent nos vies et ce pour notre bien-être.

La vie, l’amour, les vaches… Oui dis comme ça, cela ne ressemble pas à grand chose, mais peut-être aurez vous l’occasion de partager l’intimité de cet adorable personnage.

Changement de côté !

match7Et voilà que sort Match, un troisième album dans la collection Shampooing de Delcourt pour Mr Panaccione, une partie épique pour le représentant français qui va vivre une journée éprouvante sous cette canicule qui donne au terrain en terre battue des allures d’arène où seul le vainqueur en sortirait vivant.

match8On a de la compassion pour ce joueur, comme dans chacune de ses histoires, l’auteur a le chic pour exprimer par le graphisme seul, les moindres sentiments de ses personnages, c’est à cela que l’on reconnait les auteurs de grands talents, et pourtant certains pourraient penser que son dessin est un peu simple ou naïf, mais que nenni, son style rend la page claire et agréable à lire, au point que l’on s’attarde avec plaisir sur l’action.

match6Alors, vous laisserez vous tenter à plonger dans l’univers graphique de Grégory Panaccione, êtes vous tenter de vous laisser porter par sa poésie, serez vous amusés par la bonhommie de ses personnages récurrents… à vous de voir.

Un dernier petit mot en ce qui concerne la sortie du nouvel album de Zidrou et Raphaël Beuchot: Tourne-disque; c’est ENORME ! Nous avions aimé tous les trois Le montreur d’histoires, nous vous l’avons maintes et maintes fois conseillé et rares sont ceux qui parmi vous ont été déçus alors faites nous confiance une nouvelle fois et précipitez vous chez le libraire le plus proche de chez vous pour l’acquérir, mais je laisse mon jeune collègue vous en parler prochainement.

match3Jeu – Set & Match.

matchcouv2