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Fins de séries

bluecouvBonjour amis lecteurs, il est parfois bon de se dire qu’une série se termine, même si l’on peut avoir un pincement au cœur de dire au revoir à des personnages auxquels on s’est attaché, mais fort heureusement on peut toujours relire leurs aventures et apprécier une nouvelle fois l’invitation au voyage. Certaines séries paraissent trop courtes ou trop longues, on a un goût de trop peu lorsque l’on a pu les dévorer rapidement ou bien certaines séries ont commencé il y a tellement de temps que l’on y croyait plus ou bien que l’on a oublié que le dernier tome pourrait paraître un jour, parfois c’est aussi à force de changement d’éditeurs.

bluecouv1La tuerie absolue, (est-ce que j’exagère ?), ce fut Blue Note de Mariolle & Bourgouin aux éditions Dargaud, un premier tome paru en septembre 2013 et le deuxième, et fin de l’histoire en ce début octobre 2014, deux albums, deux histoires individuelles mais qui se déroulent en même temps au même endroit, deux personnages qui vont se croiser ou avoir à faire aux même interlocuteurs, l’un est boxeur, l’autre bluesman, tous deux ont vu leurs pas les conduire vers New York à 30 jours de la fin de la prohibition, une période propice à de multiples changements et affaires louches.

Jack Doyle, issu des bas quartiers de la ville, il a su se hisser aux sommets dans le milieu de la boxe, adulé par la foule et surtout les gens simples qui voyait en lui un héros de leurs quartiers, il a pourtant fait une croix sur la gloire en réalisant combien ce milieu pouvait être pourri. Il vit dorénavant de combats clandestins, touchant un maigre cachet qui lui permet de vivre au jour le jour, c’est alors que resurgit de son passé Egan, celui qui se faisait du beurre sur son dos et ses combats, un homme fourbe mais malin qui sait comment piquer au vif ses interlocuteurs. Si Jack a gagné son dernier combat avant de tout quitter, il sait que le match était truqué, et voici que son vieil « ami » lui propose de le rejouer mais sans magouille cette fois.

blue1Ray Jameson, lui, vient du sud des Etats-Unis, de ces provinces où les noirs sont considérés comme des moins que rien, il est guitariste et passe ses nuits dans les bouges insalubres où l’on joue toute la nuit, sa chance, s’il souhaite la saisir, c’est dans les grandes villes qu’il devra la tenter. Il débarque à New-York, la guitare à la main avec pour seule possession son costume miteux et le dernier conseil qu’un vieil homme lui a confier avant de partir: trouver le Dante’s Lodge, le plus beau club « à c’qu’on dit ». Alors que l’indifférence des citadins le laisse perdu au milieu de la cohue, c’est en suivant un chat errant que ses pas le mèneront devant le fameux club. Il est talentueux, ça oui, et il arrive à séduire, après une épreuve d’entrée, le patron qui accepte de lui donner sa chance.

blue2Ray sait y faire pour mettre le public en transe et va rapidement susciter des jalousies, mais tout le talent d’interprétation n’est rien si l’on a pas la créativité et l’originalité qui permet d’atteindre les sommets de la gloire et la consécration. Seul le dépassement de lui même lui permettrait de pouvoir enregistrer un jour ses propres morceaux et ainsi partager sa musique avec le plus grand nombre et rentrer dans la légende.

blue3Comme vous pouvez le constater avec cette mise en place, c’est une magnifique histoire que les auteurs ont écrit là, et que dire de la mise en image qui est à couper le souffle, y compris aux lecteurs les plus exigeants, rien à dire si ce n’est une apothéose que cette histoire en tomes qui vient de rentrer dans la catégorie des plus grands titres de l’histoire de la BD, et je n’exagère pas, croyez moi.

orcouvL’or et le sang t4- Khalil, de Bedouel, Merwan, Defrance et Nury, voici un récit qui se sera fait attendre mais la faute n’est pas à imputer aux auteurs, la série à débuté aux éditions 12Bis et prend fin chez Glénat qui aura repris une grande partie du catalogue.

or1C’est une belle histoire d’amitié qui commença dans les tranchées au cours de la première guerre mondiale autour d’un hérisson… d’un hérisson ? Oui mais alcoolique de surcroit ! Voilà comment s’attacher un petit animal en lui créant une dépendance éthylique, mais qui s’avère être le meilleur système de prévention contre les attaques au gaz moutarde des allemands lorsque l’on est coincé dans les tranchées. Léon Matilo est d’origine Corse, issu du milieu populaire, il a l’art de la débrouille et de la survie dans la peau, le lieutenant Calixte Frampéand, lui, vient d’une famille aisée, bien Française et propriétaire d’une entreprise à qui la guerre a bien profiter.

Les horreurs de la guerre ont souder cette amitié, et le retour à la vie civile réserve son lot de désillusions et ne permet pas toujours de se réintégrer dans un mode de vie, qui vous le découvrez, ne vous correspond pas. C’est alors que votre ancien compagnon d’arme resurgit avec des idées bien tentatrices, d’aventure et de risque qui vous redonne le goût de vivre. Léon rejoint Calixte et lui propose de marcher des les traces d’un ancien pirate qui écumait la Méditerranée et qui enchanta son imagination d’enfant, nous sommes à la sortie de la première guerre mondiale, il y a un tas d’armes en circulation et les Berbères du Rif sont en pleines insurrection, il y aurait un bon coup à jouer en leur fournissant les moyens de se débarrasser de l’occupant espagnol.

or&sangL’or et le sang, un récit d’aventure comme rarement on a l’habitude d’en lire ces dernières années, le talent incontesté de Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, Silas Corey, W.E.S.T. …) a mettre en place ses histoires dans des contextes historiques, associé aux talents graphiques de Merwan & Bedouel et leur ambiance si particulière. Un récit en 4 tomes qui rentre également dans les grands incontournables de la bibliothèque idéale.

altercouvEh oui, celle là aussi se termine, le 11ème volume de Alter Ego est sorti, le premier cycle se composait de 6 tomes à prendre dans n’importe quel ordre puis un 7ème volume donnait une première conclusion, le second cycle reprenait le même procédé sur 3 tomes et Verdict conclue définitivement le récit.

alter2Un phénomène mondial vu par 6 protagonistes, touchés chacun de différente manière à chaque fois et qui permettait une vue d’ensemble de l’affaire et ce quelque soit leur implication. Une histoire qui touchait d’une part un côté scientifique, de l’autre un polar politique et qui rendait pour le tout une hypothèse anticipative de l’évolution sociétale, la saison 2 étant une projection des répercutions des révélations de Ultimatum qui concluait la saison 1.

Darius, Camille, Jonas, Noah, Fouad, Park, Delia, Teehu & Gail, ils sont le fruit de la collaboration des auteurs suivants: Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynès, Bénéteau, Efa & Elias, une fine équipe qui a vu leur projet paraître aux éditions Dupuis, un concept original d’approche de l’œuvre, en effet lorsque vous tenez l’un des 6 premiers tomes entre les mains et que vous regardez la 4ème de couverture, on vous le présentait comme étant le premier de la série, même récidive avec les 3 tomes du deuxième cycle.

alter1Alors que jusqu’à présent la science restait impuissante face au SIDA, voilà qu’une personne ayant des moyens financiers quais illimités a jouer les mécènes, du coup, les médecins ont pu développer de nouvelles recherches: s’ils ne peuvent soigner les malades actuels, ils ont tout de même trouver un vaccin qui fait que plus personne ne tomberait malade. Mais le plus important, en tout cas aux yeux des puissants de ce monde, ils ont découverts une nouvelle de taille: il existerait un lien qui unirait des personnes à travers le monde et l’état de santé des uns influencerait celui des autres. On propose aux personnes riches, aux chefs d’états, à toute personne ayant des moyens et quelque chose à protéger ou à perdre d’investir dans une organisation qui protégerait leurs intérêts et ce, aux détriments d’autres personnes à travers le monde.

Une série originale et sympathique avec un graphisme qui arrive à se distinguer des séries actuelles.

voleurscouv Très, très attendu, le second tomes des aventures des Voleurs de Carthage de Appollo & Tanquerelle, La nuit de Baal-Moloch aux éditions Dargaud est sorti également. Deux aventuriers, un Carthaginois et un Gaulois tentent de faire main basse sur les trésors de la ville, alors que Rome et ses armées, menées par Scipion, approchent pour réduire à néant sa plus redoutable ennemie. Hervé Tanquerelle nous étonne une nouvelle fois avec son dessin, les images sont intenses, on est captivé par les scènes de sacrifice, les mouvements de foule et la razzia que les soldats romains font sur la ville. On a un pincement au cœur a quitter nos deux compères et leurs compagnons d’infortune, sincèrement j’aurai bien voulu avoir l’opportunité d’attendre encore une année supplémentaire afin de me plonger une nouvelle fois dans ce récit donc pour ma peine je sais déjà que je les relirai, Appollo étant un scénariste que j’affectionne particulièrement (L’île bourbon 1730, Biotope, Commando colonial…).

voleurs2Nous avons également sur le podium, La fin de l’histoire de Bourgeon, Le cycle de Cyann t6, Les aubes douces d’Aldalarann et cette fois c’est chez Delcourt.

Chez le même éditeur, une série qui prend fin dix ans après son lancement: Le régulateur t6, NYX, de Corbeyran & the Moreno family.

Et la semaine prochaine, vous êtes très nombreux à l’attendre: Magasin Général t9, le dernier tome!!!!!!!!!!!!!!!!

magcouv

 

 

 

 

Des retrouvailles, des trouvailles, vaille que vaille.

 

patrouillecouvA chaque rentrée c’est pareille, on n’a pas envie de se lever le matin, on traine des pieds pour retarder au maximum le moment où l’on va se rendre à l’école, ou au boulot, et pourtant, une fois arrivé sur place, on se laisse gagner par l’émotion, des visages connus à peine perdus de vue, d’autres qui surgissent du passé et qui s’étaient fait oublier, et des petits nouveaux qui risquent de se faire remarquer. Cela fait déjà 3 semaines que la reprise éditoriale a eu lieu et l’on ne sait déjà plus où donner de la tête, et non content d’avoir plein de nouveautés à vous présenter, je vais même vous remettre en avant un VIEUX titre qui à AU MOINS 1 AN, y’en a parmi vous qui étaient même pas nés…

foliecouvPour celles et ceux qui l’ignorent encore, 2014 est l’année du centenaire de ce qui s’est passé en 1914, il ne faut pas chercher à comprendre, c’est comme ça vous n’y pouvez rien. Et pendant les 4 années à venir vous n’avez pas fini de voir un paquet de livres, d’ouvrages de toutes sortes, de Bandes Dessinées, de magazines, de reportages, d’émissions de radio, télé… consacrés à la 1ère guerre mondiale. Pour beaucoup de cas, vous verrez des sujets précis, des personnages historiques, des moments clés, mais ceux qui m’intéressent sont plus subtiles, je profite donc de l’occasion de la sortie de La patrouille des invisibles d’Olivier Supiot aux éditions Glénat et du premier tome de Le chant du cygne de Babouche, Dorison et Herzet aux éditions du Lombard dans leur collection Signé, pour remettre en avant Les folies Bergères de Porcel & Zidrou qui sortit courant 2012 aux éditions Dargaud.

folies1Pourquoi mettre en avant ces 3 récits ? Ben, parce qu’ils sont diantrement bons mon bon ami. Mais pourquoi ces 3 là, précisément ? Ben, parce que narrativement et graphiquement ils sont bigrement terribles mon cher ami. Et que pourriez vous m’en dire pour me convaincre de choisir ces 3 là plutôt que d’autres que vous avez parfois encensés, comme Notre mère la guerre de Kris & Maël chez Futuropolis, par exemple ? Ben parce que c’est ma chronique, donc mon choix, et que si tu tiens a ce que l’on reste ami, tu vas arrêter de poser des questions et lire la suite. Dans le cas des Folies Bergères, peut-être que la couverture de l’album paraissait agressive, mais elle n’en demeurait pas moins efficace et réaliste, ils furent nombreux ceux qui y laissèrent leurs os blanchirent au fin fond des tranchées. Son titre, comme le dit si bien l’un des soldats, « Les folies Bergères, ça sonne mieux que la 17e compagnie d’infanterie, pas vrai ? »; et il n’a pas tout à fait tort. Dans cette histoire on suivait quelques membres d’un bataillon, chacun y apportait sa propre histoire, ses propres pensées, et pendant qu’ils se retrouvent isolés sur le front, une part de leur vie continuait sans eux son petit bonhomme de chemin. (petite parenthèse pour expliquer qu’en écrivant « petit bonhomme de chemin », je me fais marrer tout seul parce que je parle de l’album de Mathieu Bonhomme un peu plus loin dans l’article, qui, soit dit en passant au moment où j’écris ces mots, la partie consacrée à son titre n’existe que dans ma tête au milieu de tout un tas d’autres choses qui forment un bien beau foutoir). Le jeune frère de l’un des soldats casse les pieds de Monet afin qu’il mette ne serait-ce qu’une grenouille sur ses nénuphars, ou alors c’est parce qu’il ne sait pas les dessiner, pffff le nul. L’un des nombreux condamnés à mort exécutés au cours du conflit par son propre camp, pour une modeste histoire d’insubordination ou une futile histoire quelconque qui pouvait amener un gradé à vouloir passer par les armes n’importe quel trouffion qui passait à portée d’un peloton d’exécution, seulement voilà, on a beau lui tirer dessus, il ne veut pas mourir ce c**. Tout un tableau, que l’on admire, dans le drame qui se prépare, on se surprend à rire, les touches de couleurs qui apparaissent sporadiquement dans l’album sont comme les bulles de savon qui captent l’attention le temps d’un moment éphémère.

patrouille2La patrouille des invisibles, C’est le retour d’un artiste que nous aimons beaucoup tout les trois, nous avions eu le privilège de recevoir Olivier Supiot à l’occasion de la sortie de Marmelade (chez Glénat également) et je saisi ma chance cette fois là pour lui dire tout le bien que je pense de son travail. Et voilà qu’il remet ça le saligaud de Supiot. Ce suppôt du 9e art revient avec un récit de poilus, l’introduction se fait par le biais de Hubert Lessac, pilote de l’aviation Française au cours de la 1ère guerre mondiale, ce combattant affiche déjà 19 victoires à son actif, un fait d’armes qui lui permet de faire la une des médias qui attisent la propagande afin de soutenir l’effort national. Seulement Hubert, lui, ne souhaite qu’une chose: mourir. L’envie ce n’est pas tout, la force de volonté pour passer à l’acte, il ne l’a pas, et nul adversaire n’a encore été en mesure de satisfaire ses attentes et lui faire mordre la poussière. Sa route va être amenée à croiser celle de Milo, du Gros Pierrot, du François ou encore de Titouan  Kerzadec.

patrouille1Ces hommes sont l’exemple le plus classique de camarades qui s’unissent à la vie, à la mort grâce à une amitié qui prend sa source dans une situation désespérée, une union qui renforce leurs liens, mais c’est aussi la confiance accordée à ceux en qui ils ont confiance afin de se sortir de ce bourbier et si possible en un seul morceau. Et ce sont des gars comme Titouan qui vous consolide un groupe pareil, un personnage charismatique, hors norme, une légende qui tétanise les adversaires: « Il était un homme de boue et de ferraille… Un pourvoyeur de mort. »

Tous ensemble, ils vont être amener à faire un bout de chemin, sous les bombardements et la mitraille, certains regards porteront bien au delà de ce qu’ils ont pu côtoyer au cours de cette expérience. Olivier n’a pas son pareil, on pourrait d’abord croire que son style graphique ne serait pas le mieux adapté pour le genre de récit qu’il choisi de mettre sur papier, et à chaque fois cela marche. C’est fou, ses albums sont comme le bonhomme (bon cela fait deux fois déjà), il ne faut jamais se fier aux apparences, La patrouille des invisibles est un grand album, n’en doutez pas.

chantcouvLe chant du cygne, une première partie pour ce récit en 2 tomes, de Babouche, Dorison et Herzet, dans la collection Signé du Lombard. Comme les deux titres précédents, l’originalité du graphisme pour ce genre de récit capte mon attention, il y a du mouvement, des effets de style, un côté brut… avec des moments d’apaisement. Ce que je viens d’écrire peu ne rien vouloir dire comme cela peut tout bonnement résumer le charme et le génie de l’album, j’en suis bien conscient.

chant1C’est la guerre, c’est moche, cette désolation tout autour de vous, c’est l’unique vestige de la luxuriance des bois et de la nature qui pullulait autrefois, maintenant tout est uniformément gris, marron, terne… Les tranchées se succèdent avec leurs lots de trous d’obus sporadiquement épars tout autour du cantonnement qui nous intéresse. Le Chemin des Dames est de nos jours célèbres par son lot de morts accumulés lors de ce conflit, des morts inutiles et idiotes, où l’on envoyait à l’abattoir les hommes par milliers. Et en ce jour, rien de nouveau, les hommes qui se faisaient une joie de leur permission qui leur était accordée, se voient obligés de s’assoir dessus, la boucherie est de nouveau au rendez-vous, et c’est au cul des chars que les régiments vont de nouveau monter en première ligne, exposés aux bombardements, aux gaz, à l’horreur.

Comme la goutte d’eau qui pourrait faire déborder un océan, c’est un simple bout de papier qui vient bouleverser la vie des combattants, si leurs supérieurs apprennent la présence de ces feuillets au sein de la compagnie, il y en a qui risquent de finir collés au mur.

chant2Aussi saugrenu que cela puisse paraître, une pétition regroupant le nom de milliers de soldats circule, une pétition afin de se rebeller contre les décisions imbéciles qui envoient à l’abattoir les hommes chaque jour, des ordres stupides que tous ne peuvent plus supporter, las de voir leurs amis s’écrouler à leur côté et garnir d’une nouvelle fleur ensanglantée le champ de bataille. Ce brulot, il faut qu’il fasse le tour des compagnies afin que sous le poids du nombre les politiques plient à leur exigences, le document doit donc être amener jusqu’à l’assemblée nationale quitte à ce que les porteurs soient de plus considérés comme déserteurs. Voici donc ma première sélection consacrée à la première guerre mondiale, nous avons encore quatre belles années de commémorations qui risquent de nous offrir encore d’autres titres sur le sujet et, espérons le, aussi bons que ceux là.

texascouvAllez faisons place à un peu plus de légèreté avec le titre suivant, le deuxième opus de Texas Cowboy, The Best Wild West Stories Published, Mathieu Bonhomme et Lewis Trondheim récidivent avec le genre Western aux éditions Dupuis.

Harvey Drinkwater, un nom parfais pour ce qu’il convient d’appeler « Un pied tendre », un journaleux de la côte Est, est gentiment convié par son patron pour couvrir un reportage que l’un de ses collègues n’est pas en mesure d’assurer, oh rien de bien méchant, se rendre à Fort Worth pour concocter des articles sur les légendes et les stéréotypes du grand ouest sauvage, le genre de littérature publiée de façon épisodique qui émoustille celles et ceux, qui, réfugiés dans leurs grandes villes, s’enorgueillissent de faire partie d’un pays où la sauvagerie est encore existante. Comme le dit si bien son patron: « Hell’s Half Acre à Fort Worth, le pire de toute la racaille des ploucs de l’ouest rassemblé sur un espace grand comme le cul d’une mouche« ; peut-être cela donnera des idées de destination de vacances pour certains parmi vous.

texas1Les deux albums sont découpés en chapitres, comme si vous lisiez les fameux articles de Drinkwater, on le suit pas à pas, tout en découvrant les différents portraits qu’il dépeint à chaque fois. Ainsi, au même endroit, chacun vit sa petite histoire qui parfois peuvent avoir une incidence sur la vie d’un autre. Un choix judicieux des auteurs pour composer leur récit.

texas2Dans ce deuxième album, Harvey Drinkwater est rappelé par Forest, l’homme qui lui servit en partie de guide et d’ange gardien lors de son premier périple. Pourquoi ? Oh rien de moins que la présence de Wyatt Earp à Fort Worth, pardi ! Bon Harvey découvrira qu’il y a une autre raison à cet appel, et qui est en lien direct avec ce qui lui était arrivé dans le premier album. Encore cette fois, différents personnages vont se croiser, on voit également la même scène observée par plusieurs angles, petit à petit le dénouement final se met en place. De nouveaux personnages charismatiques entrent en œuvre, comme Butch, « Je suis pas un Hors-la-loi comme Sam Bass, mais je suis plutôt pas mal connu dans l’coin« . Sophia et Mme Cooper, deux Cowgirls qui doivent toujours faire leurs preuves dans ce monde où la force brute l’emporte facilement, ce qui privilégie plutôt les hommes. Ou encore ce manchot, qui contre un verre ou deux, raconte à qui le souhait, dans quelles circonstances il a perdu son bras, une intervention récurrente qui, je l’espère, comme moi, ne vous laissera pas indifférents.

7couvDepuis quelques temps, les séries « concept » arrivent à tirer leur épingle du jeu: 7, Le casse, La grande évasion, Jour J, L’homme de l’année, Oracle, Elfes… Et bien dans les dernières en date, c’est 7 merveilles aux éditions Delcourt, qui m’a bien plu. Sept albums consacrés chacun d’entre-eux à l’un des monuments les plus majestueux de l’histoire de l’Humanité. En cette rentrée, c’est le 3e tome de la série qui vient de paraître: Le phare d’Alexandrie (254 AV. J.C), de Luca Blengino au scénario, Tommaso Bennato au dessin et Cyril Saint-Blanca à la couleur, le projet étant supervisé par David Chauvel.

7extrat1Ce sont des histoires qui se déroulent à une période contemporaine de chacun des édifices, le but n’étant pas de vous révéler tous les secrets qu’ils ont pu receler mais de mettre en avant un évènement, des personnages dans le giron des constructions. Dans le premier tome, cela se passait à Olympie, lors des jeux Olympiques, plusieurs personnages se croisaient, un athlète participant pour la dernière fois aux jeux et tiens à profiter de l’occasion pour une recherche personnelle, un jeune garçon à la recherche de son père, plus une affaire « d’espionnage » liée à la rivalité entre Olympie et Athènes. Dans le deuxième volume, nous faisions une escale dans les jardins de Babylone, une histoire de potager antique en quelques sortes, non plus sérieusement, c’était l’histoire d’un esclave juif qui voit grâce à ses talents de jardinier, une opportunité d’échapper à sa condition d’esclave, mais certains exploits vous mettent un petit peu trop en avant, et lorsque le roi s’intéresse à vous et vous lance un ultimatum, votre intérêt est d’assurer encore une fois, et même un peu plus.

7extrait2Et cette fois, nous voici lancés dans une histoire policière, avec des courses poursuites de voitures, des échanges de tirs à balles réelles… ou peut-être pas en fait, je ne suis même pas sûr qu’il y ait des échanges avec la ville de Tyr. Le phare d’Alexandrie, la lumière de la civilisation, salvatrice pour tous les marins qui circulent en mer Méditerranéenne, cet endroit est gardé par un nombre réduit de soldats, mais même eux n’ont pas accès au sommet du phare, seul Andronykos le gardien détient tous les secrets de l’édifice. En cette nuit, Andronykos n’est plus, tel Icare, le gardien a chu du haut du phare, une torche humaine vient de glacer d’effroi les soldats dispersés au pied du bâtiment, les conditions mystérieuses entourant sa mort incite Ptolémée II à lancer une enquête qu’il confie à l’un de ses généraux: Kiostrates. L’homme va faire appel à un jeune érudit, mathématicien de génie mais pas assez conformiste pour ses professeurs. Secrets, mystères, mathématiques, architecture et savoir, voici une partie des ingrédients de ce succulent repas, pour le moment chaque album a rempli sa part de qualité d’écriture, d’histoire et de dessin et à n’en pas douter, cela risque de continuer.

mongo couvPhilippe Squarzoni est également de la partie pour cette rentrée, l’homme est généralement connu pour ses reportages en bandes dessinées: DOL, Garduno en temps de paix, Zapata en temps de guerre, Torture blanche, Saison brune… j’en passe mais la liste de ses œuvres est déjà longue et de qualité.

Avec Mongo est un troll, Philippe Squarzoni présente dans la collection Mirages de Delcourt un récit atypique, une histoire de moyen-âge ? d’Héroïc fantasy ? Ce serait trop simple pour notre auteur de faire une histoire que l’on pourrait cataloguer si facilement, nous allons prendre la route avec Duane et Cameron, comme chaque année à la période des beaux jours, les fêtes de villages vont reprendre leurs droits, l’occasion pour les camelots, autres vendeurs itinérants, saltimbanques ou guérisseurs de venir vendre leur marchandise et leur talent auprès du public. Le pourquoi de leur intérêt pour cette période de l’année n’est pas l’empressement qui les gagne à faire des emplettes, non, Cameron est à la recherche de sa mère, une guérisseuse itinérante qui a disparue depuis pas mal d’années, donc chaque été, ils prennent la route à sa recherche. Ils vont rencontrer en chemin Claire, jeune brune énigmatique (c’est moins drôle sinon), probablement une « magicienne de l’ancien temps » qui va les accompagner, tantôt disparaître, que pour mieux survenir au moment opportun.

mongo1Comme le titre l’indique, vous trouverez des trolls ainsi que d’autres bestioles que vous souhaiterez ne pas croiser sur votre route, des bars où vous désaltérer et faire encore d’autres rencontres improbables. Mais à mon gout, ce qui fait que j’ai vraiment aimé cet album, c’est parce que ce récit est le genre d’histoire où l’on ne va pas vous prémâcher le travail, on se contente de prendre la route avec nos deux amis, on s’immisce dans un moment de leur vie, l’auteur laisse une grande part d’interprétation et de réflexion au lecteur, et çà j’adore!

 

De la bonne SF qui en met plein la vue

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La Science-Fiction et la fantasy sont mes deux grandes passions depuis longtemps. Ces deux grand genres ont été boudés ces derniers temps. Où sont passés les années Série B de Delcourt avec des séries chocs comme Travis, Carmen Mc Callum, Golden city dans d’autres collection Sillage, Aquablue. Les purs et durs me diront : « petit tu oublies le vrai âge d’or avec L’incal, Les métabarons, Moebius, Druillet, Bilal… Certaines séries phares sont toujours d’actualité comme Universal War avec un nouveau cycle, L’incal avec final incal 3 ou Le cycle de Cyan qui va bientôt avoir le droit à un nouvel album en septembre. Mais où sont les vraies nouveautés… la relève ?

On peut toujours dire que c’était mieux avant, sinon on reste ouvert et on attend en faisant attention de ne pas rater la pépite. Orbital, Le complexe du chimpanzé, Métronome…

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Et nous voici en 2014 avec ce qu’il ne faut pas manquer en SF :

Warshipcouv1- Warship Jolly Roger : De la SF bien « Bad Ass » comme on les aime. Le grand retour du Space Opéra qui en met plein la vue. Coté scénario Sylvain Runberg  nous mitonne une histoire aux petits oignons.  Jon Tiberius (oui Tiberius comme James Tiberius Kurk, de Star Trek) Munro, ancien militaire devenu criminel de guerre, va s’échapper avec une équipe improvisée, de tueurs et de malfaiteurs qui peuplent la prison dans laquelle il a été enfermé. Le voilà à la tête d’une équipe de personnes toutes plus inquiétantes les une que les autres. Notre héros aura bien du fils à retordre pour faire face à l’armée galactique et faire ouvrir au gens leurs yeux sur les hommes qui les dirigent. Un joyeux cocktail d’explosions digne des grosses productions hollywoodiennes. Laissez vous embarquer à bord du Warship Jolly Roger et ouvrez grands les yeux car Miki Montllo va vous en mettre plein la vue.

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MermaidcouvMermaidcouvMermaidcouv32- Mermaid Project : Déjà le 3eme tome de cette série signée Léo (le papa de Aldebaran Betelgeuse, Antares…) au scénario et Fred Simon au dessin. Nous sommes dans de la science-fiction d’anticipation. Le monde à changé et les pays émergeants (Afrique), ont pris la place des grandes puissances d’aujourd’hui. Ainsi le racisme ordinaire à changé créant bon nombre de situations étranges et dérangeantes. C’est dans ce futur, qui nous fait réfléchir, que l’on retrouve l’inspecteur Romane Pennac. Elle enchaine les enquête sans intérêts jusqu’au jour où un couple vient frapper à la porte de son bureau, pour parler du décès de leur fille et d’un étrange courrier qu’ils ont reçu leur disant d’aller voir l’inspecteur Romane Pennac et d’ouvrir le cercueil de leur fille car elle n’y serait pas. Voilà comment tout commence. Chaque tome vient étoffer l’histoire et créer de l’intérêt supplémentaire pour la série. Bref un régal.

Sidar2

Sidarcouv3- Les univers de Stéfan Wul : La collection dirigée par Olivier Vatine voit deux nouveaux titres venir compléter ces adaptations. Le temple de passé et Rayons pour Sidar. Toujours aussi incroyables, les romans de Wul arrivent toujours à nous parler et nous faire réfléchir.

Avec Rayon pour Sidar, Wul voulait nous faire réfléchir sur les relations avec les colonies, le tout projeté avec des planètes et des Templecouvraces extraterrestres, l’intelligence artificielle et la vie sont également les points forts de ce récit. Emmanuel Civiello apporte, lui, une empreinte visuelle  à ce monde et ces créatures.

Le temple du passé est, je dois bien l’avouer, mon petit chouchou après Niourk. On y suit une équipe perdue dans l’espace suite à une mauvaise rencontre sur la route. Dès le début les personnage se réveillent d’un sommeil cryogénique, comme dans Alien et nous voilà dans le bain. Etienne Leroux nous livre un dessin très efficace et Hubert au scénario nous dévoile petit à petit sous forme de flash back le monde et la société d’où viennent les personnages. Voilà qui promet également de grande réflexion. Les univers de Stéphane Wul sont à lire et à méditer.

Temple3

alteregocouvSillagecouvSinon il vous reste toujours des séries qui continuent leur chemin comme Alter Ego avec le 3eme tome du second cycle, série toujours aussi prenante. Ou alors Sillage premières armes. Après Les chroniques de Sillage et Navïs, voici le nouveau spin-off de Sillage. Buchet prête son personnage et son crayon à Pierre-Mony Chan. Ce nouveau spin-off est l’occasion de retrouver la fraicheur du personnage de Navïs. Il s’agit de, comme son nom l’indique  la première mission de Navïs pour Sillage. Je trouve que depuis plusieurs tomes la série Sillage est perdue dans des histoires complexes et torturées dont on arrive pas à sortir, aussi pas d’histoire sur le long terme juste l’envie de faire vivre une bonne aventure sympa à Navïs comme dans les tome 3 et 4. Donc défi relevé pour Sillage première mission et j’espère que la série mère retrouvera cette fraicheur bientôt.

Voilà pour mon tour des série SF cru du 1er semestre 2014

Histoire & témoignages

arabe couvUne nouvelle fois le Neuvième Art dévoile sa capacité à aborder des sujets historiques et à susciter l’intérêt sur des évènements parfois méconnus.

arabe extraitRiad Sattouf, pour vous c’est quoi ?

Pour le grand public qui ne lit pas forcément de bandes dessinées, c’est avant tout le carton du Box-Office, Les beaux gosses, ou encore pour cette année, Jacky au royaume des filles. Celles et ceux qui ne vont pas trop au cinéma mais qui ne viennent pas encore en librairie ont au moins la possibilité de le connaître par le biais de Charly Hebdo et Sa vie secrète des jeunes (qui existe également en version reliée à L’Association). Et pour ses lecteurs, c’est aussi bien l’auteur publié à L’association avec Le manuel du puceau, Ma circoncision…  que celui de Fluide Glacial et son Pascal Brutal ou encore celui qui se cache dans la collection Poisson Pilote de Dargaud avec Les pauvres aventures de Jérémie et quelques autres.

Cette fois, Riad Sattouf est publié chez Allary Editions pour un récit autobiographique et le premier volume de ce récit relate son passage en Lybie et en Syrie au cours des années 1978 & 1984, bon il y a également un passage par la Bretagne que l’on peut tout à fait qualifier d’exotique également. Par exemple, si vous avez aimé les histoires de Guy Delisle (Chronique de Jérusalem, Birmanes, Pyongyang, Shenzen) vous pourrez retrouver dans cet ouvrage une approche teintée d’humour afin de découvrir ces pays, ce que je trouve d’intéressant, c’est que le père de Riad Sattouf est d’origine Syrienne, ce qui implique une réflexion plus poussée et plus intime que d’avoir un regard extérieur comme Guy Delisle est capable de nous donner.

nueve couvtirailleur couvDeux albums similaires et qui vont aborder la même période historique, La Nueve de Paco Roca aux éditions Delcourt dans sa collection Mirages et Le tirailleur de Piero Macola & Alain Bujak chez Futuropolis.

Pourquoi similaires ? Dans les deux cas les auteurs vont mettre en images le témoignage d’un ancien combattant, mais de ceux qui ont été oubliés de l’Histoire, ceux qui ont été privés de reconnaissance et dont la trace n’a pas toujours été facile à trouver.

La Nueve, Les républicains espagnols qui ont libéré Paris, alors que Franco vient de remporter la victoire sur ses opposants, les survivants tentent de fuir le pays pour échapper au massacre, les fascistes ne souhaitant pas faire de prisonniers. Miguel comme tant d’autres s’est pressé vers les ports en attendant les navires que les français ont promis d’envoyer, nous sommes au port d’Alicante, le 28 Mars 1939, le premier navire a fait demi-tour devant la foule amassée sur le quai, sentant très certainement qu’il ne pourrait contenir autant de gens souhaitant survivre et fuir leur pays. Le deuxième navire sera le second en fait, aucun autre bateau ne viendra au secours de celles et ceux qui n’auront pu monter sur le Stanbrook, ceux qui se sont embarqués partiront pour l’Afrique du nord.

nueve extraitAinsi débute le parcours de ceux qui intègreront une des compagnies du général Leclerc, vous découvrirez que là encore les français n’ont pas toujours été tendres avec les combattants républicains, mais il n’empêche que ceux-ci verront une occasion de lutter contre le fascisme et en espérant qu’après avoir libéré la France, l’Espagne suivra… Paco Roca nous avait déjà séduit avec L’hiver du dessinateur aux éditions Rackham, encore un témoignage, peut-être moins violent mais tout aussi poignant, où comment un groupe d’amis dessinateurs tentèrent l’aventure afin de s’émanciper de la main mise éditoriale au cours des années 50-60.

tirailleur extraitLe Tirailleur de Piero Macola & Alain Bujak, c’est à l’occasion d’un reportage, qu’Alain Bujak a fait la rencontre d’Abdesslem, un homme de plus de 80 ans vivant seul dans une résidence Adoma, ex-Sonacotra. Cet homme d’origine Marocaine est tenu de vivre au minimum 9 mois sur le territoire français afin de toucher sa pension d’ancien combattant.

Le reporter va recueillir les souvenirs d’un homme qui fut enrôler de « force » dans les tirailleurs et qui découvrit le reste du monde bien loin de son village isolé de tout, il commencera par la France et la ligne de front avec l’Allemagne, connaîtra les Frontstalag, camps réservés aux prisonniers de couleurs, servira jusqu’en Indochine…

Un témoignage touchant et bigrement instructif sur la reconnaissance (ou l’absence  de) pour ceux qui se seront trouver embarquer dans les périples de la guerre à défendre les intérêts d’un pays qui n’était pas le leur.

larmes couvPascale Bourgaux, qui est-ce ? Nous devons certainement connaître une part ou une autre de son travail sans le savoir, car elle est grand reporter et bien souvent nous ne voyons ou ne lisons que leurs sujets. Elle a passé plusieurs séjours en Afghanistan et a suivi en particulier l’histoire d’un des seigneurs de guerre: Mamour Hasan. Les larmes du seigneur Afghan est une bande dessinée mais aussi un documentaire qui devrait passer prochainement à la télévision, la version bande dessinée est adaptée par Thomas Campi et Vincent Zabus, et comme un album « référence » sur le même pays, Le photographe, il est publié par Dupuis dans sa collection Aire Libre.

larmes extraitNous découvrons Pascale depuis son départ à l’aéroport et les au revoir à sa famille à l’arrivée en Afghanistan, les prises de contact, les conditions de déplacement et la défiance, au vu de la situation du pays actuellement, d’éventuels kidnappings ou attentats. Cette fois elle va découvrir comment Mamour Hasan qui lutte pour la défense de son pays depuis 1979 contre l’invasion Russe, contre les talibans… doit maintenant faire face à un revirement d’opinion des membres plus jeunes de son village et sa région jusqu’au sein de sa famille, suite aux déceptions du nouveau gouvernement qui cherche à se mettre en place ces dernières années. Voici décortiqué le travail d’une journaliste, le montage de son reportage, les réflexions et les enseignements de plusieurs années d’investigations. Dans la lignée d’un Joe Sacco ou d’un Squazoni.

machine couvEt, en lien direct et pour finir cette chronique: La machine à influencer, une histoire des médias de Brooke Gladstone & Josh Neufeld traduit de l’américain par les éditions çà et là.

petitssoldats couvContrairement aux apparences ou aux idées stéréotypées, cela ne date pas d’hier la défiance du grand public quant à la confiance que l’on peut accorder à nos sources d’informations. Voici une étude très complète depuis leur origine des médias jusqu’à aujourd’hui ou tout un chacun peut relayer de l’information via notamment Internet, mais n’est pas journaliste qui veut. Ce qui me permet de vous conseiller également cet ouvrage pas très récent mais indispensable si vous comptez un jour intégrer l’école de journalisme française (qui se veut la plus grande au niveau de l’Europe): Les petits soldats du journalisme de François Ruffin aux éditions les Arènes.

Ces deux ouvrages vous présenteront d’un regard éclairé comment se créé l’information, comment évolue la législation et parfois régresse, non franchement si vous êtes toujours plus curieux, je vous les conseille vivement.

Il y a plein d’autres titres actuellement en matière de témoignages ou historiques, mais nous nous sommes promis d’éviter le plus possible de vous proposer des chroniques qui prennent des proportions démesurées, donc peut-être une prochaine je vous parlerais de de Jack Jackson et son Autre histoire de l’Amérique, La faute, une vie en Corée du nord de Michaël Sztanke & Alexis Chabert, Vivre à en mourir de Puchol & Galandon l’histoire de Marcel Rayman résistant juif d’origine Polonaise ou encore Johnson m’a tuer, journal de bord d’une usine en lutte de Louis Theilliervivrecouv

 

 

 

 

 

Olivier Schwartz et le groom le plus célèbre de la planète viennent nous rendre visite le 10 Mai

affichettes schwartzA l’occasion de la sortie du dernier Spirou « La Femme Léopard ». Nous avons le plaisir d’accueillir Olivier Schwartz le Samedi 10 Mai.

Olivier Swartz n’en est pas à son premier récit de Spirou, il avait eu la lourde tache de passe juste après le Spirou de Emile Bravo. Défi qu’il a relevé haut la main avec un Spirou luttant contre l’occupation nazie. Succès dû en grande partie à l’incroyable richesse graphique et aux nombreux clins d’œil. Chaque page était une invitation à la contemplation et à la recherche du moindre détail. AvecSpirou son trait « ligne claire », il a su rendre un hommage vibrant à la BD franco belge tout en faisant quelque chose de moderne. Il était donc normal qu’il ne s’arrête pas là. Avant de revenir à notre groom il s’est penché sur son papa avec Gringos Locos. La folle aventure de Jijé, Franquin et Morris qui partent vivre leur rêve américain. Toujours autant d’humour et de détails.

Et si comme moi vous avez grandi en lisant les aventures de l’inspecteur Bayard. Vous ne manquerez certainement pas cette rencontre avec ce dessinateur hors paire.

Rendez-vous le Samedi 10 Mai de 15h à 19h. Attention dédicace sur réservation. Nous contactez par mail ou téléphone.

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Les Campbell et les mondes de Munuera

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José-Luis Munuera (« El Maestro », selon moi) fait partie des auteurs mis en avant en ce début d’année avec une toute nouvelle série, Les Campbell.

LescampbellcouvOn y suit les aventures de la famille Campbell, rien avoir avec le clan, pour reprendre les paroles de l’un d’entre vous… il se reconnaitra. La famille Campbell est une famille de Pirates, mais bien loin des pirates classiques. Le père est un pirate de renom qui a su marquer l’histoire de la piraterie en son temps… Malheureusement sa carrière à pris fin à la mort de sa femme, il se retrouve seul avec ses deux charmantes filles. Mais comment un pirate, un homme un vrai un dure, un tatoué! peut devenir un père aimant, doux, sans perdre son image de pirate ??? Heureusement il pourra compter sur l’espièglerie de ses deux chipies. Elles seront également à ses côtés pour reprendre le dessus sur de vieux ennemis et pour faire face aux fantômes du passé qui le hantent… La famille c’est important foi de Campbell.

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Un petit bijou d’humour. Il est rare d’avoir une véritable BD familiale, aussi bien pour les adultes que pour les plus jeunes. Hommage à la BD gros nez, comique de répétition et humour burlesque font le succès de cette aventure, éclats de rires inavouables garantie. Sans jamais tomber dans l’humour lourd, Munuera sait quand il faut s’arrêter et apporte aux travers des deux petites filles beaucoup de douceur et de poésie. Bref un savoureux mélange dosé avec beaucoup d’intelligence du coté scénaristique et d’un dynamisme hors du commun du coté du dessin. Personnages haut en couleurs et histoire menés tambour battant, le tout découper en plusieurs chapitre par album. Un régale…

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Munuera fait partie des ces dessinateurs qui ont révolutionné et dépoussièré, la BD. Avec un découpage original et un sens de la narration dynamique. Peut-on véritablement parler d’école espagnole ? Je ne sais pas, toutefois que ce soit Guarnido (Blacksad), Lafebre (Lydie), Roger (Jazz Maynard), Toledano (Ken games) et Homs (Millénium), ils apportent chacun un souffle nouveau et l’on peut scotcher pendant des heures sur une seule de leur case, tellement leurs personnages et leurs décors sont expressifs. Mais Munuera est également l’auteur des deux autres séries remises à l’honneur en ce début janvier :

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Fraternitycouv-Fraternity : Quand le crayon magique de Munuera rencontre la plume de Diaz Canales, le scénariste de Blacksad on est en droit de penser à une véritable explosion. Alors que la guerre de Sécession fait rage la petite ville de Fraternity à réussi à ce tenir à l’écart mais tout bascule quand deux soldats en fuite vont venir trouver refuge dans la petite ville, apportant avec eu le démon de la guerre au sens propre et figurer. Avec une petite part de fantaisie les auteurs nous livrent leur guerre de Sécession à travers le regard des gens en dehors du front. Dargaud compile les deux albums de cette aventure dans une belle intégrale.

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Sortilegescouv-Sortilèges : La fantaisie et les contes font partie de l’univers de Munuera, déjà très marquer dans le magnifique « Signe de la lune ». Ici il place son crayon au service du scénario de Jean Dufaux.  Histoire d’amour pur, de pouvoir et de méchante sorcière. Sortilèges vous rappellera certainement beaucoup de contes de fées et en même temps installe son propre univers.  Et Dargaud nous sort également une compile des deux premiers volumes en noir et blanc, dans un format planche originale avec une couverture souple et un ex-libris signé par les deux auteurs. Les versions noir et blanc aux formats  planches sont des vrais joyaux pour les amateurs d’albums qui sortent de l’ordinaire. Toutefois il faudra attendre les tome 3 et 4 pour connaitre la fin de cette histoire. A savoir que le tome 3 en version normale devrait sortir en Avril/Mai 2014.

Que ce soit des albums jeunesses (Navïs, Ptit Boule et Bill, Spirou, Merlin, Walter le loup) ou des albums plus adultes (Signe de la lune, Fraternity, Sortilèges) ou encore des albums pour toutes la famille (Les Campbell) je vous invite à découvrir tout l’univers de ce dessinateur pour le plaisir de vos mirettes.

PS : Si vous suivez mes conseils… déjà c’est sympa, merci! Et si en plus vous devenez fan du dessin de Munuera comme moi il vous reste une catégorie les séries oubliées : Les Potamoks, Les chroniques de Sillage, Sir Pyle, Sur les traces de Luuna et autres collectifs… Bonnes découvertes

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Une valse a quatre temps

racontar couvAu premier temps de la valse, je suis seul, mais je t’aperçois…

Et oui, lui aussi se croyait seul, ce bon gros nounours, et puis il les a perçu, revoici toute la clique de joyeux drilles de Jorn Riel, sous la plume de Gwen de Bonneval et le trait de Hervé Tanquerelle. 3e et dernier tome des adaptations des racontars de ces chasseurs livrés à eux même au fin fond du Groenland: Un petit détour et autres racontars, éditions Sarbacane.

Ces hommes coupés de tout se redéfinissent les codes de vies, les rapports aux autres… lorsque votre voisin le plus proche se trouve à quelques jours de traineaux, que les tempêtes prennent des airs de fin du monde, ou encore que votre prochaine nuit va durer un mois, on devine facilement qu’ils puissent « péter les plombs ».

C’est du délire jubilatoire de bout en bout, Hervé Tanquerelle a su trouver de sacrées trognes pour Valfred, William le Noir, Herbert… Ces racontars sont leurs moments de vie, si certains ne sont que de passages, les autres ont un je ne sais quoi d’attachant, ce qui fait que ces trois albums vous porteront, peut-être à vous tourner vers les romans de Jorn Riel qui sont disponibles en format de poche aux éditions 10/18.

dora couvAu deuxième temps de la valse, on est deux, tu es dans mes bras… comme Dora.

Une autre suite, celle de Dora de Ignacio Minaverry aux éditions de L’Agrume, ce dessinateur argentin a su séduire rapidement le public français, à la grande joie de cette petite maison d’éditions qui monte, et qui fait du bon boulot.

dora extrait1Dans le premier volume, nous découvrions Dora, jeune femme travaillant à Berlin Ouest, pour le gouvernement américain, alors en charge de trier tous les documents saisis à la fin de la guerre, avant de les restituer au gouvernement allemand. Dans cette logistique administrative, Dora constitue à des fins personnelles, un dossier concernant les personnes déportées, son père faisant partie du lot et dont toute trace a disparu. Ce qui l’amènera plus tard dans sa vie, a être contactée par des personnes au courant de ses recherches, et qui traquent « bénévolement », entendez par là qu’ils n’appartiennent à aucun groupe rattaché à un gouvernement…

On s’intéressait également à Dora en tant que femme, sa personnalité, ses relations amicales mais aussi ses questionnements existentiels ou plus simplement amoureux. Une jeune femme captivante, cultivée, curieuse… on en tomberait amoureux.

dora extrait2Dans cette deuxième partie, qui n’est pas la fin de l’histoire, nous allons nous intéresser particulièrement à sa rencontre avec Geneviève, une gitane. Pour le décor, nous restons dans un contexte historique fort, étant donné que nous nous situons à Bobigny au début des années 60, c’est à dire à l’époque où Papon, Maurice de son prénom, est préfet de police à Paris, et s’occupe avec beaucoup de zèle du FLN. Une partie de l’histoire se déroule dans le bidonville de Bobigny.

Nous n’avons plus qu’une seule hâte, celle d’attendre la suite.

melville couvAu troisième temps de la valse, nous valsons enfin tous les trois, Romain Renard, Samuel Beauclair & Melvile.

Romain Renard, c’est l’auteur, j’avais déjà beaucoup aimé son adaptation de polar, Un hiver de glace, dans la collection Rivages/Casterman/Noir. Un auteur qui sait soigner ses ambiances, qui sait jouer sur les effets visuels. Ce n’est pas un auteur exceptionnel à mes yeux, seulement il sait me captiver le temps de ma lecture et me prendre au jeu, y compris avec des histoires policières, qui ne sont pas toujours ma tasse de thé.

melville extraitSamuel Beauclair, c’est le personnage principal, jaune auteur ayant connu le succès avec son  premier livre mais dans une panne de création suite à quelques coups durs de la vie. De son père décédé, il a non seulement repris la carrière d’homme de plume, mais dans sa dépression sentimentale et très arrosée à l’alcool, il s’est également réfugié dans l’ancienne demeure de son père afin de s’y ressourcer et d’y retrouver l’inspiration. C’est sans compter sur les coups de fil de son éditeur et néanmoins ami qui tente vainement de garder contact et surtout s’informer de la progression de l’ouvrage en cours d’écriture.

 Melvile, c’est le nom du petit bourg où se situe cette maison familiale, dans une région boisée propice à la chasse, la pêche et les randonnées pédestre, cette ville est bien calme, les personnes s’y connaissent bien et en faisant le tour des commerces locaux, il n’est pas rare de croiser un membre de la famille de la personne que vous avez croisé précédemment. Samuel, en allant faire le plein de bière et de tabac va tomber sur une petite annonce de travaux d’entretiens pour une personne immobilisée des suites d’un accident. Cet homme vit avec sa sœur, et tous trois vont très vite bien s’entendre. Bienvenue à Melvile, pour ce petit aparté.

stevenson couvEt Paris qui bat la mesure, Paris qui mesure notre émoi… Bien qu’il soit effectivement passer par Paris, ce n’est pas La ville qui bat la mesure pour Robert Louis Stevenson, mais bien Long John Silver.

Rodolphe et Follet, un chouette duo pour ce one-shot dans la collection aire-libre de Dupuis consacré à Robert Louis Stevenson, une biographie intéressante qui permet de (re)découvrir la vie et l’œuvre littéraire du romancier, mais sous la forme originale de l’omni présence du pirate dans la vie de l’auteur. Comme tout enfant de son âge, le jeune Robert est fasciné par les aventures de pirates, mais ils faut savoir que dès sa plus tendre enfance, il est sujet à une maladie pulmonaire qu’il faudra bien des années à pouvoir cernée. Du coup, Stevenson a subi les séquelles de cette maladie au point que les délires de la fièvre ont fait germer dans son imaginaire déjà débordant, les pas du pirate boiteux qui résonnent à ses côtés. C’est la conséquence d’une rencontre avec un boiteux dans sa prime enfance au détour d’une ruelle, conjuguée avec le rythme saccadé de l’horloge familiale qui trône au salon qui donne naissance à cette présence qui accompagnera l’auteur jusqu’à la fin de ses jours.

Pour ceux qui ont connu Follet avec les Zingari ou ses autres aventures qui ont déjà traversé plusieurs générations de lecteurs, c’est toujours un bonheur de retrouver son trait si particulier.

kililana couv

Et juste pour le plaisir de vous l’annoncer, le tome 2 de Kililana Song est sorti !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Et il est très bien.

 

 

 

les premiers coups de coeur de la rentrée 2013/2014

Première semaine de nouveautés pour cette rentrée et c’est parti sur les chapeaux de roue ! Et on peut dire que nous avons déjà de sérieux titres proposés temps sur le fond que sur la forme.

colone couvCommençons par le fond avec deux récits historiques et notamment avec un nouveau scénario de Christophe Dabitch aux éditions Futuropolis avec Nicolas Dumontheuil au dessin. Après Jéronimus qui relatait l’histoire de Jéronimus Cornelisz au début du XVIIe siècle et de son périble à bord du Batavia, l’histoire d’un naufrage; après Abdallahi (le serviteur de dieu), le récit du voyage de René Caillé au Début du XIXe siècle, au moment où l’on essayait de cartographier l’Afrique, le périple de 4500 kilomètres de cet homme qui se convertit à l’Islam afin de lui permettre d’être accepté au sein d’une tribu nomade et de réussir à traverser les régions désertiques qui réduisaient à néant les différentes tentatives des expéditions précédentes. Ces deux histoires étaient illustrées avec majestuosité par Jean-Denis Pendanx.

colone extraitCette fois, avec La colonne, un récit qui sera en deux parties, c’est un sujet épineux auquel les deux auteurs s’attaquent, mais ils nous en donnent une libre interprétation de l’histoire mais en respectant les faits historiques concernant la mission Voulet-Chanoine. Etant donné la liberté des auteurs, les noms ont été changés. En 1899 le capitaine Paul Boulet et le lieutenant Julien Lemoine se préparent à Paris pour leur départ vers l’Afrique centrale. Leur mission va être de recruter des hommes sur place et de participer à l’effort d’agrandissement de l’empire colonial Français.

Souley est l’un de ces soldats Africains, c’est lui que nous découvrons dès la première page de l’album, assis, silencieux et songeur. Les vautours qui l’entourent laissent présager la mort qui entoure l’homme adossé au mur, et effectivement le capitaine Boulet gît à ses cotés, mais c’est l’esprit qui s’adresse à lui qui nous intéresse. Cet esprit aux allures d’idoles Africaine n’est autre que l’esprit incarné de la colonne et c’est lui qui va nous raconter l’histoire de Souley, de Paul Boulet, Julien Lemoine et de tous ceux qui ont vécu l’aventure qui nous intéresse. Donc en alternant les discussions entre l’esprit et Souley et les flash-backs, Christophe Dabitch nous retranscrit ce pan de l’histoire méconnu, avec le dessin de Nicolas Dumontheuil qui permet de mettre une touche humoristique dans les faciès de ces colons à l’origine de ce drame.

guerres silencieuses couvContinuons avec cet autre récit, celui de Jaime Martin, qui revient sur une histoire qui le touche personnellement. Dans Les guerres silencieuses, publié dans la collection Aire Libre de Dupuis, l’auteur vient nous parler de sa famille d’origine espagnole, de ceux qui ont connu le Franquisme, et du choc des générations pour ceux qui ont suivi et pour qui cette époque reste encore un sujet difficile à aborder avec leurs ainés.

guerres silencieuses extraitC’est une histoire si proche de nous et pourtant il nous en aura fallu du temps avant que l’on en apprenne plus sur l’ingérence de la France en Algérie, ou bien dans le cas qui nous intéresse, de l’Espagne au Maroc. Je ne dis pas qu’il n’était pas possible d’avoir des informations, seulement que la tâche n’était pas aisée. En dehors d’une démarche personnelle de recherches et d’enquête, ce n’était pas à l’école que l’on pouvait aborder ces sujets, et en ce qui concerne les témoignages familiaux, il a fallu attendre parfois bien des années avant que ceux qui ont vécu ces moments historiques témoignent, y compris à leurs proches.

Dans Les guerres silencieuses, c’est à l’occasion d’une réunion de famille que Jaime va en apprendre un peu plus sur ses parents et son père en particulier. Alors qu’il est en panne d’inspiration pour son prochain récit, il profite d’une discussion à table avec sa famille pour en demander un peu plus sur ses parents, notamment savoir comment ils se sont rencontrer, c’est surtout l’occasion de détourner l’attention de son père qui s’appesantit une fois de plus sur l’époque de son service militaire. Mais ce que Jaime ne sait pas encore, c’est que ses questions sur la vie de famille sont intimement liées à celles de son pays: dans quel contexte ses parents ont grandi, l’histoire d’un pays qui a connu une guerre civile, une présence religieuse forte, un pays qui fait parti de ces anciennes nations qui colonisèrent une partie du reste du monde, ce qui en faisait une des nations les plus fortes du monde et dont l’histoire actuelle nous prouve la fragilité. Un récit qui nous permet de partager les réflexions de l’auteur sur sa vision de l’histoire, tant personnelle que dans un contexte mondial.

rabate extraitAvez vous lu 3 secondes de Marc-Antoine Matthieu? Ce livre, curieux, qui nécessitait une lecture minutieuse afin de suivre le récit sans paroles, d’une série d’évènements qui se succédaient et que l’on découvrait au gré des reflets qui s’enchainaient, et nous permettait d’avoir une vision d’ensemble au terme de notre lecture et d’ainsi pouvoir répondre aux questions que l’auteur nous avait posé avant de commencer notre lecture.

3 secondes couvEt bien c’est au tour de Pascal Rabaté de nous présenter une nouvelle œuvre originale, qui va donner au lecteur l’occasion de jouer avec le livre qu’il tient entre les mains: Fenêtres sur rue, chez Noctambule, une collection de Soleil.

C’est un livre « accordéon », entendez par là qu’il se déplie, donc attention à ne pas vous faire surprendre au risque de voir l’album vous échapper des mains. L’idée: une façade dans une rue quelconque, regroupant une laverie, un bar, un immeuble d’habitations… rien de plus classique de ce que vous trouvez dans n’importe qu’elle rue. A chaque fois que vous tournez la page, des changements sont survenus, il faut donc chercher à retrouver les « différences » (comme le jeu des 7 erreurs) d’une page à l’autre afin de retrouver où les personnages se trouvent à présent et aussi de comprendre l’histoire que Pascal Rabaté a inventé cette fois-ci: Une pièce sans paroles en dix tableaux et un décor.

Rabaté nous l’a déjà prouvé, que ce soit dans ses albums ou bien dans ses films, il aime jouer avec les effets visuels. En plus de l’histoire, vous pourrez également vous amuser à dénicher toutes les références glissées dans l’album.

ame couvAutre histoire sans paroles (ou presque), l’auteur de Toby mon ami revient avec une autre histoire publiée dans la collection Shampooing de Delcourt: Ame perdue de Gregory Panaccione.

ame extraitLa tempête fait rage, dans ce décor désolé, un petit être se réveil, il est allongé sur le sol, le nez dans l’eau, et le niveau monte, il est donc nécessaire de trouver un abri, et à défaut d’être au sec celui-ci sera au moins élevé. Ce qui permet à notre petit bonhomme de voir ce qui l’entoure, c’est à dire en dehors des cailloux… pas grand-chose.

Tiraillé par la faim, côté soif c’est pas l’eau qui manque, cet étrange énergumène va erré jusqu’à rencontrer les différentes formes de vie qui composent la faune alentour, si certains incitent à garder ses distances, une bande d’insectes quant à elle va peut-être donner une solution pour pouvoir se sustenter.

Point trop n’en faut, je me tairai donc pour vous laisser découvrir la suite de ses aventures, les charmes de l’histoire, du dessin et du personnage raviront les amateurs de récits poétiques et originaux.

Et oui, comme je vous le disais un peu plus haut, la mule était chargée pour cette première vague de nouveautés et il me reste encore deux titres à vous présenter.

le silence couvCà et Là n’a de cesse de faire du bon travail éditorial, cette fois c’est une œuvre indépendante d’origine Australienne qu’ils nous traduisent: Le silence de Bruce Mustard, un récit en noir & blanc qui me plait tant pour le dessin que pour l’histoire (je n’y peux rien si cela me fait toujours plaisir quand on titille le milieu artistique). Voici un couple immergé complètement dans le monde de l’art, Dmitri est artiste peintre, actuellement il n’est guère productif, non pas qu’il est en manque d’inspiration, seulement il se pose La question, quel est l’intérêt de peindre, quel est le rôle de la peinture et du peintre dans notre monde moderne, surtout dans l’univers artistique tel qu’il est définit dans notre société. Sa compagne, elle, n’a que faire des questions existentielles que se pose son conjoint. Choosy McBride travaille pour une galerie artistique d’art contemporain, donc pour elle le milieu artistique lui convient totalement, puisqu’elle fait partie de ceux qui le régissent et qui en vivent le mieux. C’est pourtant à l’occasion du montage de sa prochaine exposition qu’elle est amenée à se rendre dans la maison reculée de l’artiste exposé afin de la préparation de l’évènement. Elle décide d’y aller accompagnée de Dmitri, et c’est aussi l’occasion de trouver la trace d’un peintre dont elle a découvert une œuvre mais dont on ignore l’identité, seul l’endroit où la peinture a été acquise, qui se trouve à proximité de leur lieu de destination, est connu. Cela va être l’occasion de bouleverser les idées de chacun. Un bijou !

chpeau couvEt le meilleur pour la fin: Chapeau melon et bottes de cuir, une adaptation en Bande Dessinée de la série culte pour une histoire complète par Grant Morrison, Ian Gibson & Anne Caulfield. Publier par Soleil dans sa collection Comics qui présente également les raretés d’Alan Moore.

chpeau extraitVoici l’occasion de retrouver John Steed, Emma Peel et Tara King dans une histoire originale qui respecte l’humour british avec le flegme de rigueur. Une intrigue qui touche la sécurité du territoire, une série de meurtres mis en scène autour d’un club obnubilé par les jeux. Le dessin, l’histoire, les décors… respectent pour les plus puristes de la série tous les ingrédients qui pouvaient plaire au téléspectateurs.

Peut-être une des sorties les moins attendues mais une des plus incontournables pour les amateurs de l’humour britannique.

Et comme nous sommes joueurs, nous reviendrons en deuxième semaine !!!

 

 

 

 

 

 

 

Plein de belles choses pour nos charmantes têtes blondes…

Agito Cosmos

Ce début 2013 à été riche pour les petits et grands. Mais surtout pour nos charmantes têtes blondes, qui sont les premiers lecteurs de bonne Bande Dessinée, alors pour ces jeunes lecteurs exigeants, les éditeurs ce sont mis en 4 pour nous faire découvrir des histoires toutes plus géniales les unes que les autres…

Agito Cosmos2

De nouvelles séries avec :

Tueursdemamans-Tueurs de Mamans (2 tomes série finie): Notre rôle de libraire est de vous faire découvrir des albums vers lesquels vous ne seriez pas aller, voilà l’exemple parfait avec un titre comme tueurs de mamans il est évident que les enfants trouvent ça cool mais pas leurs parents. Et pourtant il s’agit de la meilleure série jeunesse de cette année 2013. On découvre une bande de 5 jeunes filles qui sont élevées par leurs mères, qui dans un excès de rage vont passer par un site internet pour châtier leurs mères. Ce qui semblait être une vaste blague au départ et l’occasion de ce défouler, va se transformer en véritable enfer. il ne s’agit pas d’une histoire d’horreur. Les 5 adolescentes que nous suivons dans l’histoire pourraient être des filles ordinaires, elles n’ont pas un mauvais fond. L’élément déclencheur vient d’une crise de rébellion face à l’autorité parentale que tout ado a connu un jour dans sa vie. Zidrou le scénariste joue avec les émotions et les ressentis des personnages. Une véritable pépite à mettre à côté de série tel que Seuls… Rassurez vous après avoir lu ces 2 albums votre enfants n’aura pas envie de vous tuez, il ne s’agit pas d’un manuel.

milo-Le monde de Milo 1/2 : Les Studios Ghibli ont inspiré toute une génération de jeunes auteurs. C’est le cas de Christophe Ferreira et pour cause ce jeune Français travaille dans des studios d’animation à Tokyo. Il est donc normal de retrouver ces influences dans son dessin. Côté histoire on retrouve Milo un jeune garçon très autonome. Mais un jour comme tant d’autre il va découvrir un poisson d’or dans la rivière de derrière chez lui, ce petit poisson qui va devenir gros va lui attirer de gros ennuis, et l’envoyer dans un monde étrange…

yaxin-Les mondes de Yaxin – Le jour de la licorne : Certainement l’un des dessins les plus envoutant de ce début d’année . Man Arenas est un virtuose du crayon. Il nous l’avait déjà démontré dans Yaxin : le faune Gabriel, autre album où l’on retrouve Gabriel le faune. Cet album est un spin-off de la série Yaxin et nous livre une histoire complète autour des licornes qui vivent dans les monde de Yaxin. la douceur du dessin ce conjugue à merveille avec le texte pensé comme un Haïku (court poème japonais). A lire et faire découvrir à tout âge.

Hell-Hell School – 1 – Rituels : Qui n’a pas trouvé un jour que l’école c’était l’enfer. Et bien vous n’avez rien vu. L’institut de l’excellence est un pentionnat où sont envoyés les forte têtes. Cette école est très côtée, beaucoup d’anciens élèves sont devenus aujourd’hui des gens importants. Dans cette atmosphère on découvre 3 jeunes qui vont tout faire pour éviter de rentrer dans les rangs. Il vont refuser de porter l’uniforme et vont éviter de rentrer dans la grande confrérie de l’école. Mais l’école à ses règles, ses codes et ses secrets… Voilà une nouvelle série de 3 tomes pour les ados et pré-ados.

louca-Louca – 1 – Coup d’envoie : Louca c’est l’ados mal dans sa peau, un peu gauche, qui aimerait être cool. Mais qui sera toujours un looser. Louca est mauvais à l’école, mauvais en sport, bref il n’a rien pour plaire, sauf à son petit frère qui le concidère comme un exemple. Mais sa vie va changer du tout au tout quand il va faire la rencontre d’un mystérieux personnage, qui va le faire devenir la star de l’école. Entre autre grâce à l’équipe de foot du collège. Attention! oui il s’agit d’une histoire avec du foot et une couverture avec un ballon de foot. Mais le foot n’est qu’un prétexte pour servir cette histoire. Dès 8, 10 ans découvrez une aventure humaine pleine de valeurs. Tome 2 déjà sorti.

klaw-Klaw – Eveil : L’adolescence est une source d’inspiration infinie pour les auteurs. Cette fois c’est Ange Tomassini qui a le droit au rôle d’ados un rien looser. Lui pour ne pas se fait embêter il un a un truc: son père, un grand patron de la mafia. Mais l’adolescence est un moment où l’on découvre beaucoup de choses sur son corps et sur ses origines. Ange lui ne va pas être dessus car sa famille à de nombreux secret et son corps lui réserve de drôles de mutations. Je vous laisse vous faire votre idée avec la couverture de ce premier tome  sur 3. Le tome 2 est déjà sorti et le 3 en Aout.

Agito Cosmos3

Mais aussi des suites immanquables :

AGITO COSMOS T02[BD].indd.pdf-Agito Cosmos 2 : J’ai eu un énorme coup de cœur pour le premier tome. Ce second opus ne fait que valider mon enthousiasme. Toujours aussi fun, on retrouve tous nos protagoniste qui vont enfin se croiser. On embraque dans une aventure à 200 à l’heure. Impossible de décrocher son regard de l’histoire lorsque l’on met le nez dans ce récit. Même si le format de l’album est petit le dessinateur trouve le moyen de nous en mettre plein la vue avec tous ces décors et un dynamisme incroyable dans son coup de crayon. A découvrir pour petits et grands.

Le voyage extraordinaire-Le voyage extraordinaire 2 : Evidemment il est question de Jules Vernes, puisque le titre lui même reprend le nom de la collection des romans de Jules Vernes. mais il ne s’agit pas d’une adaptation, mais bien d’une histoire originale. Où deux enfants brillants vont participer au concours Jules Vernes le plus grand concours d’inventions digne de Jules Vernes. Ce second tome confirme notre engouement pour ce récit. Ballons à vapeur, sous-marin, serre tropicale, grande verrière en plein Paris… bref tout y est décors art-nouveau époustouflant. Nos deux héros vont donc se présenter au concours alors que le père de l’un de nos deux génies à disparu depuis plusieurs jours et en plein conflit franco-allemand un 3ème mouvement est apparu avec à leur tête de mystérieuses machines s’emprennent aussi  bien au Français qu’aux Allemands. Alors comment nos héros vont réussir à retrouver leur père et qui l’a kidnappé ???

Atlas et axis-Atlas et axis 2 : Le grand retour de nos 2 chiens vikings. Bien que leur aventures ne ce soient pas finies comme ils l’auraient souhaité dans le tome 1 nos deux compères repartent pour de nouvelles aventures toujours aussi drôles. Alors méfiez vous des moutons qui explosent…

 

 

Azur-Azur – 4 – La reine Blanche : Suite et fin de la belle saga mélangeant chasse au trésor et science fiction. Bateaux volants, bestiaire fantastique riche à souhait. Quoi de mieux pour plonger dans cette grande aventure. Nikki, jeune aventurière recherche son grand-père disparu depuis peu. Mais en retournant dans sa maison elle va découvrir que son grand père était à la recherche du « Grand continent ». Un lieu de légende, très convoité puisque la jeune fille va se retrouver très vite pris en chasse par de nombreuses personnes dont l’armée. Dans sa course poursuite Nikki va rencontrer  deux personnes Sam et Issuzu deux contrebandiers l’un vénale et fou d’aventure et le second bestial. Voilà une bonne histoire en 4 volumes.

Evernight

-Les enfants d’Evernight – 2- L’orphelinat du cheval-pendu : Les séries de chez Delcourt sont bien connues du jeune public : « Les légendaires », « La rose écarlate », bientôt Azur… Les enfants d’Evernight rentrent dans cette lignée de bonne saga à partir de 10-12 ans. Voilà un autres univers fantastique riche en personnages et en décors somptueux. Encore une fois le dessin est un élément extrêmement soigné. Evernight est un monde où les humains sont interdits, Camille qui se retrouve malgré elle perdue dans un monde dont elle ignore tout. Elle va devoir retrouver sa montre. Un objet indispensable dans cette univers, mais si vous voulez savoir pourquoi ? il vous faudra lire ce second tome…

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Millénium en livre, en film, en série… bah oui il manquait la BD

Millénium

Faut-il adpater tous les succès sous toutes les formes de médias ? Le cinéma est le premier à adpater des Romans à succès et de plus en plus la  Bande Dessinée fait de même. Certaines collections y sont même consacrées. Je pense en autre à Rivage noir chez Casterman, où sont publiés des polars noir, comme Shutter Island ou Scarface. Alors des adaptations pourquoi pas mais il faut du fond, et surtout chaque nouveau support doit surprendre.

MilléniumMillénium couv fait partie de ses adpatations qui ont su trouver un véritable plus dans le format BD.

Bien-sûr, si comme moi vous êtes restés de marbre fâce au succès de cette série de romans, que vous n’êtes pas allés voir le film et que vous avez loupé la diffusion de la série télé (oui je sait cela fait beaucoup, mais je suis sûr de ne pas être le seul). Vous serrez d’autant plus séduits par la BD puisque vous vous laisserez embarquer par l’originalité du scénario.

Donc oui! l’histoire de Millénium est géniale, mais le dessin Homs est encore mieux. Il donne une ambiance et une atmosphère différente que dans les versions cinéma et télévisuelle. Le personnage si charismatique de Lisbeth trouve elle aussi une véritable interprétation. Et les dialogue de Runberg rythme parfaitement le scénario. Une adpatation en BD demande beaucoup de travail: réécrire l’histoire et donner vie à des personnages qui n’existent que dans notre imaginaire n’est pas facile. Il ne faut pas décevoir mais également surprendre, sinon il ne reste de l’album qu’une banale adpatation.

Le duo Runberg/Homs fait donc rentrer par la grande porte ce Best-seller dans le monde de la bande dessinée, si toutes les adaptations de romans pouvaient avoir les qualités des plus grande BD aussi souvent, je serais heureux de lire plus d’adaptations.Millénium2

 Il y aura deux albums par an et il faudra 2 albums pour reprendre un roman. Nous aurons donc droit à 6 albums à raison de deux par an cette série prendra fin en novembre 2016.

Alors que ce soit par plaisir de découvrir ou redécouvrir cette histoire précipitez vous sur ce premier album. Le dessin à lui seul justifie l’achat de cet album.

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